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Le quotidien l'Union du 18 Février 2008

 

 

Pour moi quoi...

 

VOILA qui va encore me valoir les pires imprécations de la part de tous les "serviteurs de Dieu" de notre Gabon d’abord-là. Mais moi, - Makaya l’animiste, j’ai l’habitude, quoi. Je me pose en effet la question suivante, mes chers frères intrigués est-ce que la foi a vraiment besoin de cette démonstration exubérante ?

Hier, sur le boulevard qui porte le nom du père du "dipenda"; j'ai constaté qu'une "église" avait installé sur sa... terrasse un haut-parleur. Vu la taille plutôt riquiqui de la salle qui accueillait une poignée de fidèles, je me suis demandé à quoi cela pouvait bien servir. A montrer sa présence à une autre église située à 100 mètres à peine de là ? À indiquer à notre future basilique ce qu’il lui faudra faire pour que 1 homélie de l'archevêque arrive jusqu’aux oreilles des 10 000 fidèle massés sur son parvis monumental ?

C'est l'ex-père-maire Mbabess, c'est-à-dire quelqu’un sachant de quoi il parle, qui un jour s'était étonné de cette façon bruyante dont se manifestait désormais la foi à Libreville-les-nuisances sonores. Et de rappeler ce que les Missié-les-père s’apprenaient à tous les "bana" de l'époque. A savoir que Dieu est partout, il voit tout, il entend tout !

Il faut croire aujourd’hui que pour que Dieu nous entende, il faut lui casser les tympans (encore un motif pour que le blasphémateur que je suis soit voué aux gémonies), à lui et à tout le voisinage. Imaginez que d ce voisinage immédiat, il y ait un malade à qui son doctaire a prescrit le calme absolu, il n'aurait plus qu'à déménager le temps - de plus en plus long, au passage - que dure l'office. Idem pour l'écolier ou l'étudiant qui voudrait réviser ses cours.

Mais voilà, mes chers frères Makaya résignés : je prêche dans le désert et nos pasteurs pourront, eux continuer à prêcher à tue-tête devant leurs ouailles. Les dérives autrement plus importantes qui ont été dénoncées ces derniers temps n'ont donné lieu à aucune intervention de la part des autorités. Alors, de petits problèmes de pollution acoustique...

Quel pays !

 

Makaya

 

Source : Journal L'Union Plus du 18/02/2008

 

 


 
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Pour moi quoi…Makaya
VOILA qui va encore me valoir les pires imprécations