ALORS qu'un accord
visant à l'amélioration de la gestion des flux
migratoires permettant au Gabon, du moins à ses
ressortissants, de bénéficier d'un régime
privilégié de visas - suite au durcissement des
conditions d'accès en France mises en place par
Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur -
avait été signé avec la France en juillet
dernier, force est de constater qu'une catégorie
de compatriotes vivant en France ou voulant s'y
rendre est toujours soumise à un certain nombre
de restrictions administratives. Presque à
l'identique de celles qui prévalaient avant la
signature de l'accord. Ce qui au demeurant donne
l'impression que rien n'a véritablement changé
dans le sens de l'amélioration des conditions
d'entrée ou de circulation en France de certains
Gabonais en dépit de la signature de l'accord.
L'ambassadeur de
France au Gabon, Jean-Marc Simon nous a fait
part hier, au sortir de l'entretien qu'il a eu
avec la toute nouvelle ministre des Affaires
étrangères, Laure Olga Gondjout, de ce que cette
situation est due au fait que l'accord signé à
Libreville ri a pas encore été ratifié par le
Parlement français bien qu'il l'ait déjà été par
la partie gabonaise. Un retard il est vrai
préjudiciable aux ressortissants gabonais, mais
qui est tributaire, selon le diplomate français,
de l'abondance des chantiers législatifs
auxquels s'attellent les parlementaires.
« L'agenda du Parlement est extrêmement chargé.
Les textes se suivent les uns après les autres.
Il faut attendre le tour de cet accord, et je
pense que cela ne devrait plus tarder
maintenant » déclaré Jean-Marc Simon pour
tenter d'expliquer, dans un langage propre à
l'hypocrisie diplomatique, le retard accusé par
les autorités françaises dans l'application de
l'accord de gestion des flux migratoires entre
nos deux pays. D'autant plus que l'on subodore
les vraies raisons qui poussent la France à
traîner les pieds : la (non) fiabilité du
passeport gabonais.
SUPPRESSION DES
VISAS Rappelons qu'au terme de l'accord, les
deux parties ont prévu la suppression des visas
de court séjour en ce qui concerne les
titulaires des passeports de service,
l'instauration des visas de circulation de deux
ans à entrées multiples, notamment en ce qui
concerne les motifs économiques, professionnels,
médicaux ou familiaux, pour ce qui est des
passeports ordinaires. L'accord facilite
également le séjour en France des étudiants
gabonais, en portant la durée de leur
autorisation provisoire de séjour de six à neuf
mois renouvelable, ainsi que celle des jeunes
salariés gabonais dans l'Hexagone.
A l'inverse, les
Français vivant au Gabon depuis plus de trois
ans ou mariés depuis plus de trois ans à un (e)
Gabonais (e) pourront se voir délivrer une carte
de séjour de cinq ans renouvelable, contre deux
ans auparavant.
Aussi, le document
prévoit-il la coopération entre la France et le
Gabon dans la lutte contre l'immigration
clandestine, en matière d'état civil et contre
la fraude documentaire.
Ainsi que mentionné
plus haut, c’ »st au terme de l’entretien que
l’ambassadeur de France au Gabon a eu avec Laure
Olga Gondjout qu’il s’est expliqué sur l’accord
susmentionné. Et il ' n'était pas le seul à
avoir eu hier des discussions avec la ministre
des Affaires étrangères. D'autant que le
secrétaire général adjoint de la CEEAC, le
Congolais (RDC) Joachim Tiker Tiker,
l'ambassadeur du royaume d'Espagne au Gabon,
Ramiro Fernandez Bachiller et l'ambassadeur de
l'Afrique du Sud au Gabon, Mahlomola Johnson
Khasu lui ont succédé au cabinet de la nouvelle
patronne de la diplomatie gabonaise.
INTENSIFIER LES
RELATIONS Le SGA de la CEEAC est venu
essentiellement parler de la situation actuelle
au Tchad, après les événements qui ont secoué ce
pays d'Afrique centrale il y a quelques jours.
Evénements au sujet desquels le président en
exercice de la CEEAC, le Congolais Joseph Kabila
avait fait une importante déclaration et
convoqué le secrétaire général de l'institution
qui du reste se trouve actuellement au Tchad
avec le ministre congolais des Affaires
étrangères pour mieux s'imprégner des réalités
au Tchad au lendemain de la cessation des
combats ayant opposé l'armée régulière aux
rebelles tchadiens.
Les ambassadeurs du
Royaume d'Espagne et d'Afrique du Sud sont,
quant à eux, venus faire le point de la
coopération bilatérale entre le Gabon et leurs
pays respectifs. L'on sait par exemple que
l'Espagne prend une part active à la réalisation
des infrastructure routières au Gabon. Ce pays
d'Europe Occidentale est notamment présent, à
travers une de ses entreprises, dans la
construction de l’axe Lambaréné-Fougamou. La
rencontre avec Laure Gondjout a non seulement
permis aux deux diplomates de discuter des moyen
d’intensifier les relation existantes, mais
aussi d’ouvrir d’autres perspectives de
coopération. C’est à bien des égards la même
approche qui a sous-tendu les discutions entre
le diplomate sud-africain et le membre du
gouvernement gabonais. Même si du côté
sud-africain on est venu également s’assurer de
l’avancement des textes en voie de signature
entre le Gabon et l'Afrique du Sud dans un
certain nombre de secteurs.