JE sens que tous
les accros à la cigarette vont me tomber dessus
à mégots raccourcis. Mais moi, Makaya, je ne
peux ne pas poser le problème alors que vient
d'être organisée dans notre Gabon d’abord la
journée mondiale de lutte contre le cancer,
quoi.
Ouais, je me dis
qu'on doit avoir le sens de l’opportunité dans
ce pays. Pendant deux jours, les pontes de la
santé, ainsi que notre bon vieux doctaires barbu
comme un maquisard de la Sébé et de la Brikolo-là
ont fait apparaître les risques encourus a u
contact de la fumée et des émanations de tabac
par ceux qui ne fument pas. Le fameux tabagisme
passif, quoi.
A partir de là, il
y a des décisions à prendre. Primo, délocaliser,
comme le réclame depuis un certain temps notre
bon toubib, l'usine de fabrication de
cigarettes. C'est vrai, il n’est pas sain qu'une
telle entreprise soit implantée au cœur d'un
quartier aussi populeux, obligeant ses résidents
à inhaler du tabac.
Tout de même, notre
fabricant de bière national a bien déménagé des
environs de l'université et du siège du
quotidien qui m'offre l’hospitalité depuis kala
kala. Pourquoi le fabricant de dopes ne ferait
pas pareil, surtout que la société-là appartient
à un groupe qui ne manque pas de « miang » ?
Deuxième décision à
prendre, l'interdiction de fumer dans des lieux
publics et les transports en commun. Vous
comprenez maintenant, mes chers frères Makaya
soucieux, pourquoi j’évoquais au début la
possible réaction à mon égard des "grilleurs de
dopes". Mais nous n’allons pas réinventer la
nicotine... euh... la roue. Ce type de mesure-là
est pris ailleurs, malgré les cris d'orfraie de
ceux contre lesquels il s’applique. Face à une
question de santé publique d'une telle gravité,
il n'est pas question de... mégoter.
J'attends donc
qu'une initiative dans ce sens soit prise très
prochainement. Cela montrerait qu'à l’aune de
cette journée mondiale, nous avons pris la
mesure du danger qui nous guette, alors que nos
moyens de lutte sont limités.
Pour nous, quoi...