LE doyen des ambassadeurs accrédités dans notre
pays va désormais quitter Libreville pour un
autre horizon. Le Sénégalais Ibrahim Caba qui a
servi pendant 16 ans au Gabon est parti faire
ses adieux au chef de l'Etat, Omar Bongo
Ondimba, hier. L'audience a eu lieu au palais
de la présidence de la République.
C'était pour
l'ancien chef de la mission diplomatique
sénégalaise à Libreville, l'occasion de faire le
point, avec le n°1 gabonais, de la coopération
bilatérale entre nos deux pays. Comme l'a
rappelé l'hôte du président, plusieurs de
projets ont été initiés sous le "règne" de
M. Caba. Il s'agissait donc pour le chef de
l'Etat et lui de voir où en sont ceux-ci.
f Par rapport à
l'actualité les deux hommes ont évoqué la 10e
session de la Conférence des chefs d'État et de
gouvernement de l'Union Africaine (UA) qui vient
de se tenir à Addis-Abeba en Ethiopie. Ces
assises ont essentiellement été marquées par
l'élection de notre compatriote Jean Ping au
poste de président de la Commission de l'UA.
Ibrahim Caba a donc saisi cette rencontre pour
réitérer au doyen des chefs d'Etat d'Afrique,
les félicitations du président sénégalais
Abdoulaye Wade.
Dans le même ordre
d'idées, le n°1 gabonais et son interlocuteur du
jour ont abordé la situation au Tchad où le
calme est revenue depuis plusieurs jours. Cela
après, une tentative de coup d'Etat par des
forces rebelles qui sont d'ailleurs rentrées
jusqu’a Ndjamena. Cette normalisation qui aura
été le fruit de la pression internationale à
travers l'Onu, est intervenue après des efforts
diplomatiques africains. Et dans ce sens,
d'aucuns reconnaisse le rôle joué par le
président Omar Bongo Ondimba.
C'est ainsi que,
emboîtant le pas à la France dont l'ambassadeur
Jean-Marc Simon est parti féliciter le président
de la République, avant-hier mardi, le diplomate
sénégalais a également exprimé les félicitations
de son pays au chef de l'État pour le rôle qu'il
a joué dans la normalisation de la situation
dans ce pays de la sous-région d'Afrique
Centrale.
Il faut aussi
rappeler que dès le début de la crise, Omar
Bongo Ondimba et son homologue Abdoulaye Wade
ont été parmi les premiers chefs d'Etat
africains à condamner ouvertement toute
tentative de prise de pouvoir par la force au
Tchad. Cette position avait été entérinée par
l'Union africaine au terme de ses travaux dans
la capitale éthiopienne...
GRAND HOMME D'ETAT
Pour sa part, l'ancien doyen du corps
diplomatique au Gabon a dit quitter le Gabon le
cœur lourd. Notamment à cause des bonnes
relations qu'il entretenait déjà avec le
président Omar Bongo Ondimba qu'il a, à son
tour, qualifié de « grand homme d’Etat ». En 16
ans, soulignera-t-il, tout le monde comprendra
qu'il a pu se faire tant d'amis au Gabon où il
se sentait déjà en famille...
Rappelons que la
dernière sortie de l'ancien doyen des
ambassadeurs dans notre pays remonte au début du
mois de janvier lors de la cérémonie de
présentation des vœux au chef de l'Etat. Et on
se souvient de ce que, parlant au nom de tous
les diplomates accrédités dans notre pays,
Ibrahim Caba avait salué le fait que le Gabon
abordait l'année 2008 dans la paix sociale,
l'unité des citoyens conduisant à une stabilité
politique. « Nous voyons en cela, avait-il
dit, votre souci permanent de créer les
conditions du renforcement d'un Etat de droit
véritable et de favoriser l’intégration et la
cohésion des populations de votre pays par la
bonne gouvernance socio-économique».
Par la même
occasion, le diplomate sénégalais avait magnifié
« l'impressionnant dynamisme international »
du président Omar Bongo Ondimba sur la scène
mondiale. « Vous êtes consulté partout et
vous êtes présent à tout les grands rendez-vous
auxquels vous êtes convié par la Communauté
internationale », avait souligné le
désormais ancien ambassadeur du Sénégal au
Gabon.
Malgré les bons
souvenirs qu'il garde de notre pays, Ibrahim
Caba ne peut qu'aller où le devoir l’envoi
aujourd’hui.