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Le quotidien l'Union du 05 Février 2008

 

 

LE VICE-PREMIER MINISTRE

Les raisons d'une victoire
Le succès remporté par notre compatriote dans la capitale éthiopienne n'est pas le fruit du hasard. Loin s'en faut. Plusieurs facteurs y ont contribué. Aussi bien sur le plan national qu'international.

LE vice-Premier ministre Jean Ping a été élu président de la Commission de l'Union africaine (UA), vendredi dernier. C'était lors de la 10e session de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine. Des assises qui se sont tenues du 31 janvier au 02 février 2008 à Addis-Abeba (Ethiopie). Le candidat de la Communauté économique des Etats d'Afrique Centrale a été élu au premier tour par 31 voix contre 12 pour la Zambienne Inonge Mbikusita Lewanita, 02 pour le Sierra léonais Abdulai Conteh. Un Etat votant ayant préféré voter nul.

La victoire de notre compatriote est loin d'être le fruit de l'improvisation. Ce d'autant plus que nombre d'observateurs s'accordent pour reconnaître que plusieurs raisons y ont contribué. Dans ce cadre, nous évoquerons celles qui à nos yeux ont été les plus déterminantes. Il s'agit d'abord de l'aura du président de la République, Omar Bongo Ondimba sur la scène africaine. Puis le profil du vice-Premier ministre lui-même. Il faudra aussi ajouter la campagne discrète et efficace que le Gabon a menée à travers le continent, et le mode de scrutin...

A y regarder de très près on se rend compte que tout peut se résumer à la notoriété du chef de l'Etat et au respect dont il bénéficie auprès de ses collègues en tant que "doyen". D'ailleurs Jean Ping l'a bien reconnu. Il a rendu un hommage particulier au n°1 gabonais pour non seulement l'avoir choisi, mais surtout de s'être totalement impliqué dans sa campagne.

En effet, le chef de l'Etat a donné les moyens logistiques et financiers au candidat Ping pour sillonner le continent. Mieux encore, à chaque fois qu'il se rendait dans un pays, Ping était porteur d'un message du chef de l'Etat à son homologue dudit pays. Le message était essentiellement la sollicitation de ce dernier pour soutenir la candidature du Gabonais.

Le statut de doyen des chefs d'Etat d'Afrique a d'autant plus été décisif, qu'au Ghana par exemple, le président John Kufuor a, répondant à l'émissaire du président Bongo Ondimba, eu des mots à la fois simples et respectueux. Il a dit qu'il accédait à la sollicitation du président Bongo Ondimba parce que c'est le doyen et "On ne dit pas non au doyen ".

APPORT DETERMINANT Cela va dans le sens de l'analyse de l'ancien secrétaire général de l'OUA (ancêtre de l'UA), Amara Essy qui, commentant la victoire de Jean Ping, a déclaré entre autres que le principal atout dont a bénéficie le candidat de la CEEAC, c'est d'avoir été soutenu par le président Omar Bongo Ondimba. " Le président Bongo Ondimba existe, et il compte" devait-il poursuivre.

L’port du chef de l'Etat aura été déterminant avant et pendant le vote, en ce sens qu'il a réussi à manœuvrer pour déjouer les plans de ceux qui prônaient le report du scrutin au prochain sommet. Et personne ne doute que le premier citoyen gabonais pèsera pour faciliter le travail de jean Ping à la Commission de l'UA...

L'autre facteur qui a milité pour l'élection de Jean Pin g est son profil personnel. Malgré sa formation initiale d'économiste (doctorat de 3e cycle), l'élu d'Omboué a embrassé une carrière diplomatique exceptionnelle. Laquelle a débuté dans une organisation internationale de renom, l'Unesco.

Il faut également dire, et il le reconnaît, que Jean Ping a énormément appris aux côtés du président Omar Bongo Ondimba. Aussi bien en tant que directeur de cabinet que comme ministre des Affaires étrangères pendant plus de 10 ans. C'est d ailleurs fort de cela qu'il a été élu président de la 59e Session de l'Assemblée générale des Nations unies. Et tous les diplomates sont unanimes sur sa brillante prestation à ce poste...

RECONNAISSANCE ET HOMMAGE Il s'agit là d'une somme d'atouts qui ont fait en sorte que Jean Ping parte favori des pronostics. Ce qui s'est d'ailleurs concrétisé le vendredi 01 février dernier.

Par rapport à la campagne menée par l'équipe de M. Ping, il faut reconnaître que celle-ci a été voulue discrète mais efficace. La consigne était de ne pas faire trop de bruit, et d'aller dans un maximum de pays.

Pour couvrir une bonne partie du continent, le ministre de la Communication, muté aux Affaires étrangères hier (ceci explique-t-il cela ?), a été mis à contribution pour sillonner d'autres régions. Elle a surtout été en Afrique de l'Ouest, en Angola, et à l'Ile Maurice. C'est aussi elle qui a pris l'initiative louable d'amener une équipe de journalistes gabonais, notamment ceux de la presse publique, à Addis-Abeba...

En outre, il faut dire que le mode de vote a aussi, dans une moindre mesure, facilité les choses. Dans ce sens que contrairement à ce qui se passe dans certains organismes tels que le FMI, la BAD, l'élection du président de la Commission de l'UA ne se fait pas au prorata des parts. Ici, chaque Etat a une voix. Et toutes les voix se valent.

A la lecture de ce qui suit, on peut, sans peur de se tromper, dire qu'au-delà de tout, l'élection de jean Ping à la tête de la Commission de l'UA, est une nouvelle expression de la reconnaissance du statut de doyen du président Omar Bongo Ondimba. C'est donc un hommage qui lui a été rendu par ses pairs.

 

Source : Journal L'Union Plus du 05/02/2008

 

 



 

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