LE VICE-PREMIER MINISTRE
Les raisons d'une victoire
Le succès remporté par notre compatriote dans la
capitale éthiopienne n'est pas le fruit du
hasard. Loin s'en faut. Plusieurs facteurs y ont
contribué. Aussi bien sur le plan national
qu'international.
LE vice-Premier ministre
Jean Ping a été élu président de la Commission
de l'Union africaine (UA), vendredi dernier.
C'était lors de la 10e session de la Conférence
des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union
africaine. Des assises qui se sont tenues du 31
janvier au 02 février 2008 à Addis-Abeba
(Ethiopie). Le candidat de la Communauté
économique des Etats d'Afrique Centrale a été
élu au premier tour par 31 voix contre 12 pour
la Zambienne Inonge Mbikusita Lewanita, 02 pour
le Sierra léonais Abdulai Conteh. Un Etat votant
ayant préféré voter nul.
La victoire de notre
compatriote est loin d'être le fruit de
l'improvisation. Ce d'autant plus que nombre
d'observateurs s'accordent pour reconnaître que
plusieurs raisons y ont contribué. Dans ce
cadre, nous évoquerons celles qui à nos yeux ont
été les plus déterminantes. Il s'agit d'abord de
l'aura du président de la République, Omar Bongo
Ondimba sur la scène africaine. Puis le profil
du vice-Premier ministre lui-même. Il faudra
aussi ajouter la campagne discrète et efficace
que le Gabon a menée à travers le continent, et
le mode de scrutin...
A y regarder de très près
on se rend compte que tout peut se résumer à la
notoriété du chef de l'Etat et au respect dont
il bénéficie auprès de ses collègues en tant que
"doyen". D'ailleurs Jean Ping l'a bien reconnu.
Il a rendu un hommage particulier au n°1
gabonais pour non seulement l'avoir choisi, mais
surtout de s'être totalement impliqué dans sa
campagne.
En effet, le chef de
l'Etat a donné les moyens logistiques et
financiers au candidat Ping pour sillonner le
continent. Mieux encore, à chaque fois qu'il se
rendait dans un pays, Ping était porteur d'un
message du chef de l'Etat à son homologue dudit
pays. Le message était essentiellement la
sollicitation de ce dernier pour soutenir la
candidature du Gabonais.
Le statut de doyen des
chefs d'Etat d'Afrique a d'autant plus été
décisif, qu'au Ghana par exemple, le président
John Kufuor a, répondant à l'émissaire du
président Bongo Ondimba, eu des mots à la fois
simples et respectueux. Il a dit qu'il accédait
à la sollicitation du président Bongo Ondimba
parce que c'est le doyen et
"On ne dit pas non au
doyen ".
APPORT DETERMINANT
Cela va dans le sens de l'analyse de l'ancien
secrétaire général de l'OUA (ancêtre de l'UA),
Amara Essy qui, commentant la victoire de Jean
Ping, a déclaré entre autres que le principal
atout dont a bénéficie le candidat de la CEEAC,
c'est d'avoir été soutenu par le président Omar
Bongo Ondimba. " Le président Bongo Ondimba
existe, et il compte" devait-il poursuivre.
L’port du chef de l'Etat
aura été déterminant avant et pendant le vote,
en ce sens qu'il a réussi à manœuvrer pour
déjouer les plans de ceux qui prônaient le
report du scrutin au prochain sommet. Et
personne ne doute que le premier citoyen
gabonais pèsera pour faciliter le travail de
jean Ping à la Commission de l'UA...
L'autre facteur qui a
milité pour l'élection de Jean Pin g est son
profil personnel. Malgré sa formation initiale
d'économiste (doctorat de 3e cycle), l'élu
d'Omboué a embrassé une carrière diplomatique
exceptionnelle. Laquelle a débuté dans une
organisation internationale de renom, l'Unesco.
Il faut également dire, et
il le reconnaît, que Jean Ping a énormément
appris aux côtés du président Omar Bongo
Ondimba. Aussi bien en tant que directeur de
cabinet que comme ministre des Affaires
étrangères pendant plus de 10 ans. C'est d
ailleurs fort de cela qu'il a été élu président
de la 59e Session de l'Assemblée générale des
Nations unies. Et tous les diplomates sont
unanimes sur sa brillante prestation à ce
poste...
RECONNAISSANCE ET HOMMAGE
Il s'agit là d'une somme d'atouts qui ont fait
en sorte que Jean Ping parte favori des
pronostics. Ce qui s'est d'ailleurs concrétisé
le vendredi 01 février dernier.
Par rapport à la campagne
menée par l'équipe de M. Ping, il faut
reconnaître que celle-ci a été voulue discrète
mais efficace. La consigne était de ne pas faire
trop de bruit, et d'aller dans un maximum de
pays.
Pour couvrir une bonne
partie du continent, le ministre de la
Communication, muté aux Affaires étrangères hier
(ceci explique-t-il cela ?), a été mis à
contribution pour sillonner d'autres régions.
Elle a surtout été en Afrique de l'Ouest, en
Angola, et à l'Ile Maurice. C'est aussi elle qui
a pris l'initiative louable d'amener une équipe
de journalistes gabonais, notamment ceux de la
presse publique, à Addis-Abeba...
En outre, il faut dire que
le mode de vote a aussi, dans une moindre
mesure, facilité les choses. Dans ce sens que
contrairement à ce qui se passe dans certains
organismes tels que le FMI, la BAD, l'élection
du président de la Commission de l'UA ne se fait
pas au prorata des parts. Ici, chaque Etat a une
voix. Et toutes les voix se valent.
A la lecture de ce qui
suit, on peut, sans peur de se tromper, dire
qu'au-delà de tout, l'élection de jean Ping à la
tête de la Commission de l'UA, est une nouvelle
expression de la reconnaissance du statut de
doyen du président Omar Bongo Ondimba. C'est
donc un hommage qui lui a été rendu par ses
pairs.