CONFLIT AU TCHAD
Plusieurs Gabonais évacués
de N'Djamena
DIFFICILE, on s'en doute, aura été le vécu des
Gabonais au Tchad durant les trois jours qu'ont
duré les affrontements à Ndjamena entre les
rebelles et les forces régulières de l'armée
tchadienne pour le contrôle de la capitale. Pour
garantir la sécurité de nos compatriotes,
diplomates, employés dans les entreprises
tchadiennes, étudiants, etc., les autorités
gabonaises ont organisé une opération de retour
au pays d'une vingtaine d'entre eux, vingt-et-un
pour être précis, depuis Garoua (nord Cameroun)
qui a constitué la base d'évacuation des
ressortissants gabonais et surtout un des points
de ralliement des étrangers fuyant les combats à
Ndjamena.
C'est à bord d'avions des
forces armées gabonaises que les Gabonais ont
pris place, très heureux de quitter la galère,
pour regagner Libreville où les attendait le
ministre de la Défense nationale Ali Bongo
Ondimba qui les a du reste accueillis à la base
aérienne de Libreville.
Parmi les personnes
évacuées figuraient un compatriote, M. Ndong qui
avait onze enfants et son épouse, mais aussi
Georges Taty, juge à la Cour de justice de la
communauté à Ndjamena. L'aventure vécue par ce
magistrat est pour le moins pathétique. En ceci
qu'à Ndjamena, sur la base des informations
diffusées par la chaîne de télévision française
France 24 demandant aux Français et aux
Européens d'aller se faire recenser au lycée
français pour leur évacuation à Libreville, il a
cru bon d'aller demander de l'aide aux Français
pour regagner Libreville, malheureusement pour
lui il va s'entendre dire que les évacuations se
font à Paris et non à Libreville. Ce qui à
l'évidence était un grossier mensonge, puisque
Libreville a constitue le point d'Ancrage des
ressortissants français et européens, et un bon
exemple de solidarité entre les peuples français
et gabonais.
Pour autant, notre
compatriote, qui résidait sur un axe qui jouxte
la radio nationale tchadienne et la présidence
de la République théâtre de violents
affrontements, va tout faire pour sortir de cet
étau. "Ça tirait de partout J'étais quasiment
au cœur du verrou de l’attaque des rebelles.
J’avais peur des dégâts collatéraux que pourrait
occasionner cette bataille pour le contrôle de
la radio et la présidence", nous a confié au
téléphone le magistrat communautaire.
Pour autant, aidé par le
fils de sa ménagère, il réussira toutefois à
gagner Kousseri localité camerounaise
frontalière du Tchad, située à l'extrême nord à
600 kilomètres de Ndjamena, par voie fluvial. Le
fleuve Logone qui sépare le Tchad et le Cameroun
constituait la base arrière des hélicoptères de
combat de l'armée tchadienne après le
bombardement des positions des rebelles.
Obligeant ainsi les rebelles à riposter par des
tirs d'obus et de lance roquettes sur ces
hélicoptères. Si bien que la guerre s'est d'une
certaine manière délocalisée vers le Cameroun,
d'autant plus que certains obus tombaient à
Kousseri, suscitant à nouveau la peur parmi les
Gabonais, mais aussi les employés étrangers que
leurs sociétés avaient évacués aussi les
employés étrangers des sociétés que leurs
sociétés évacuées au Cameroun en vu d’assurer
leurs sécurité. L’arrivées de nos compatriotes
hier à été un véritable soulagement pour les uns
et les autres.