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Le quotidien l'Union du 03 au 04 Février 2008

 

COMMENT LE SECTEUR PRIVE GABONAIS PEUT TIRER
PROFIT DE CAPE

 

Les opérateurs économiques interpelés

Nous publions aujourd'hui, la réaction d'un jeune entrepreneur gabonais sur l'Accord de partenariat économique (APE) qui interpelle les opérateurs économiques sur la question de l'APE. 11 s'agit d'uns démarche optimiste par opposition à la vision pessimiste de beaucoup d'Africains qui n'y croient pas. C'est le cas du directeur des douanes sénégalaises qui cite les pertes de recettes douanières (le Sénégal perdrait, si la réciprocité des préférences était acceptée, cette année, un peu plus de 40% de ses recettes douanières soit environ 180 milliards de nos francs), le démantèlement des industries, le ralentissement de l'intégration. L’APE dit-il, est une calamité pour les économies africaines. A preuve, dans l'état où se trouvent nos industries, qui sont un train de se désintégrer à cause de la concurrence des produits venant d'Europe, entre autres, et qui sont fabriqués à moindre coût ou' qui sont largement subventionnés, il n'y a pas de compétitivité qui vaille. En sus, les manifestations des agriculteurs mexicains à propos des Accords de Libre échange entre les Etats-Unis et le Mexique qui déséquilibrent la production agricole mexicaine, notamment le maïs dont les Etats Unis sont les plus gros producteurs (production subventionnée) et qui peuvent placer la moitié de cette production sur le marché du Mexique annihilant ainsi la grande majorité des agriculteurs locaux. A contrario, M. Megne m'Ella pense qu'au-delà des débats idéologiques, sur la perte des recettes douanières, l'opérateur économique retiendra surtout que l'APE permettra aux consommateurs d'accéder à des biens de consommation et d'équipement à moindre coût. Le débat est relancé.

DEPUIS 2004, le Gabon est impliqué dans la négociation d'un accord dit « Accord de Partenariat Economique » (APE) entre l'Union européenne (UE) et la configuration Afrique centrale regroupant les six états de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine, Tchad) et deux états de la CEEAC (République Démocratique du Congo, Sao Tomé & Principe).

Cet accord s'intègre dans le nouveau cadre global de coopération défini dans "l'Accord de Cotonou", signé le 23 juin 2000, à Cotonou, République du Bénin, entre l'Union européenne et le groupe des états dits « Afrique, Caraïbes et Pacifique » (ACP) dont notre pays fait partie.

A ce sujet, beaucoup de choses ont été dites, et les voix qui, jusque là, se sont fait le plus entendre sont celles des opposants à l'APE, ceux qui n’y voient « qu'une manœuvre de l'Union européens pour accéder encore plus facilement à nos marchés et à nos matières premières ».

Il est primordial que le secteur privé s'intéresse de très près à cette problématique car, s'il est vrai que la détermination des mesures réglementaires est du ressort des pouvoirs publics, mais c'est bien les entreprises commerciales qui conduisent les transactions d'exportation et d'importation, et non les nations.

La présente contribution vise à interpeller les opérateurs économiques sur la question de l'APE. Elle se veut volontairement optimiste, l'objectif étant d'inviter les chefs d'entreprise à une approche offensive, afin de regarder les nombreuses opportunités offertes par la libéralisation des échanges dans le cadre de cet accord.

La suppression des droits de douane et des taxes à l'importation.

Né, d'une part de l'obligation de se conformer aux règles de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), d'autre part du bilan mitigé des préférences commerciales non réciproques qui étaient accordées à nos pays (par VUE), l'APE vise à établir progressivement une zone de libre échange entre la configuration Afrique centrale et l'Union européenne, avec une possibilité d'asymétrie dans l'application des franchises de douane. En d'autres termes, au terme de la période de mise en œuvre (2008 - 2020), 100% des produits "Made in Afrique centrale" entreront sur le marché UE sans droits de douane, et une grande partie des produits européens (environ 80%) entreront dans nos pays dans les mêmes conditions.

Au delà des débats idéo logiques sur la perte des recettes douanières (par l'Etat), l'opérateur économique retiendra surtout que PAPE permettra aux consommateurs, donc aux clients de nos entreprises, d'accéder à des biens de consommation et d'équipement à moindre coût. Ce qui aura pour effet mécanique d'augmenter la demande, donc de multiplier les opportunités d'affaires.

De même, la suppression des droits de douane sur les machines outils, les équipements informatiques, les produits chimiques et intrants divers devra permettre aux entreprises de production d'abaisser sensiblement leurs coûts de facteurs, d'accéder plus facilement aux technologies nouvelles, donc de gagner en productivité et en compétitivité.

Pour illustration, en capitalisant sur le savoir faire des fabricants de meubles installés entre le feu rouge d'Akébé et le rond point d'Awendjé, et en permettant à ces derniers d'accéder à des machines à bois sophistiquées, l'on peut arriver à de véritables menuiseries industrielles capables de produire des meubles de qualité en grande quantité. Et, la volonté politique aidant, la multiplication de telles expériences pourra, à terme, compenser la perte des recettes douanières.

L'INTEGRATION REGIONALE  En signant l'APE de manière solidaire, la configuration Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Sao Tomé & Principe, Tchad) s'engage également à atteindre enfin, cet objectif prioritaire qui semblait s'éloigner infiniment, l'intégration régionale et son corollaire immédiat, la libre circulation des biens et des personnes.

Dans un tel contexte, l'entrepreneur gabonais va se retrouver dans un large espace économique régional, avec près de 100 millions de consommateurs. L'agrandissement du nombre de clients potentiels qui en résulte s'accompagne donc d'une augmentation des opportunités d'affaires, à condition, bien sûr, d'être suffisamment outillé pour faire face à l'inévitable concurrence qui s'en suivra.

L'harmonisation des pratiques commerciales dans la région va supprimer les principaux obstacles aux échanges que l'on observe actuellement. Les entreprises gabonaises opérant dans les services de BTP, informatique, télécommunications, etc. auront ainsi plus de facilité à s'implanter en Guinée Equatoriale ou en RDC pour y apporter leur expérience et leur savoir faire.

PAR AILLEURS, L'ENGAGEMENT  par les états d'adopter des règles commerciales communes rendra les associations d'opérateurs économiques plus fortes. Ainsi par exemple, sur les opérations d'achat de banane plantain à Ambam (Cameroun) pour une revente à Libreville (Gabon), les commerçants pourront exiger la suppression de la double taxation sur la délivrance du certificat phytosanitaire (aujourd'hui, cette taxe est payée au Gabon et au Cameroun pour une même cargaison de marchandise).

Autre avantage apporté par l'intégration régionale, les déclarations douanières se feront de manière unique à l'entrée de la région, quelle que soit la frontière par laquelle la marchandise entre. Ainsi, un container de produits destiné au marché du Woleu Ntem pourra transiter par le port de Bata, en Guinée Equatoriale, avant de rallier Oyem ou Bitam par la route, sans risque de double taxation. On gagne ainsi 300 kilomètres.

Les conditions pour réussir. Passer d'un marché de 1,5 million à près de 100 millions de consommateurs (Afrique centrale), voire près de 200 millions (en incluant les pays de l'Union européenne), ne se fait évidemment pas sans turbulences.

L'attitude des opérateurs gabonais devrait être plutôt offensive que défensive, de manière à transformer les potentialités en réalités, tout en minimisant les risques potentiels.

Les facteurs critiques déterminants, dans ce nouvel environnement, seront le rendement des chaînes de commercialisation, notamment sur les marchés d'exportation, et l'avantage coût. Ce qui suppose un nouvel état d'esprit: vision globale, capitalisation des avantages comparatifs, orientation vers l'export, meilleur service au client, garantie de bonne exécution, respect des normes sanitaires et phytosanitaires (SPS), etc.

L'observation de ces nouvelles exigences va nécessairement entraîner un ensemble d'efforts matériels, financiers et/ou humains communément désigné par "renforcement des capacités de production".

Nos entreprises devront donc, selon les cas, s'attendre à : devoir acquérir de nouveaux outils de production, agrandir les usines/entrepôts, ouvrir des succursales, former du personnel, revoir la politique marketing et commerciale, recentrer les activités, etc. Et, pour faire face à certaines situations, il conviendra d'envisager des opérations de fusion/acquisition, ouverture de capitaux, délocalisation de la production, etc.

Il est bien évident que tout cela ne se fera correctement que dans un cadre macroéconomique favorable à l'investissement, avec un système bancaire ouvert aux entreprises et des pouvoirs publics particulièrement sensibles à la question. Et ceci pourra faire l'objet d'un autre débat.

* Ingénieur INSA - Lyon Chef d'entreprise

Secrétaire Général du Réseau des Entreprises du Gabon.

 

Source : Journal L'Union Plus du 03-04/02/2008

 

 



   

TERME DE LA CONFERENCE DES CHEFS D'ETAT L'UNION AFRICAINE (ETHIOPIE)
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Pour moi quoi…Makaya
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