ELECTION DU NOUVEAU PRESIDENT DE LA COMMISSION
DE L’UNION AFRICAINE A ADDIS-ABEBA (ETHIOPIE)

Jean Ping : Bio-portrait
DIPLOMATE expérimenté, le ministre gabonais des
Affaires étrangères Jean Ping élu hier vendredi
1er février 2008 président de la
Commission de l'Union africaine (UA), est un
homme de confiance du président Omar Bongo
Ondimba, doyen des chefs d'Etat du continent
dont on connaît l'implication en tant que
médiateur dans les différentes crises qui
secouent le continent africain en l'occurrence.
Représentant la région Afrique Centrale, Jean
Ping a été élu au premier tour de scrutin lors
du sommet de l'UA à Addis-Abeba, contre la
candidate de l'Afrique australe, la Zambienne
Inonge Mbikusita Lewanika qui n'a pas manqué de
se prononcer à l'issue du vote en déclarant que
: « les
présidents africains ont confiance en M Ping,
c’est pourquoi ils l'ont choisi ».
Ministre sans discontinuer depuis 16 ans dans
les différents gouvernements du Gabon, et
vice-Premier ministre depuis 2007, jean Pine, 65
ans est devenu le chef de la diplomatie
gabonaise en 1999 et il disposait de deux atouts
de taille pour briguer la présidence de la
Commission.
Beaucoup pensent qu'à l'heure où la Chine entend
jouer un rôle de plus en plus important en
Afrique, ce métis sino-gabonais est l'un des
artisans du rapprochement de Libreville avec
Pékin, présent dans les secteurs phares de
l'économie du Gabon, notamment dans le pétrole,
le bois et, bientôt le fer de Bélinga où le
Gabon a signé un contrat d'exploitation avec une
compagnie chinoise.
Jean Ping peut également faire valoir son
expérience au sein des organisations
internationales, lui qui a présidé, avec brio,
selon l'avis de plusieurs diplomates, la 59e
session de l'Assemblée générale de l'ONU en
2004-2005, préparant le sommet sur la réforme de
l'institution mondiale.
Né le 24 novembre 1942 à Omboué, au sud de
Port-Gentil, la capitale économique gabonaise,
jean Ping est titulaire d'un doctorat en
économie de l'Université de la Sorbonne
(France).
Mais c'est en tant que fonctionnaire
international qu'il entame sa carrière dans les
années 70 au sein de l'Organisation des Nations
unies pour l'éducation, la science et la culture
(Unesco), à Paris.
Ouvert et affable, il entre réellement en
politique au Gabon en 1984, lorsqu'il devient le
directeur de cabinet du président Bongo Ondimba.
Brièvement ministre de l'Information en 1990,
puis des Mines jusqu'en 1991, il enchaîne sans
interruption depuis 1992 les postes ministériels
: aux Affaires étrangères une première fois,
avant de passer à l'Economie et à la
Planification.
Depuis 1999, Jean Ping est redevenu le chef de
la diplomatie gabonaise, également chargé de la
Coopération et de la Francophonie. Il s'agit
d'un poste-clé au Gabon de M. Bongo, qui, au
pouvoir depuis 40 ans, entend être reconnu comme
un médiateur d'envergure des crises africaines,
et souhaite que Libreville soit un carrefour
diplomatique en Afrique francophone.
Le vice-Premier ministre Ping est d'ailleurs
considéré comme un des collaborateurs les plus
écoutés du chef de l'Etat.
Ce dernier l'a surnommé "Mao" du fait de ses
origines asiatiques - son père était un
forestier chinois installé au Gabon.
Marié à une Italo-ivoirienne, Jeanne-Thérèse
Ping, cet homme au tempérament discret est père
de huit enfants.
Certains de ses détracteurs voyaient en lui
l’homme de la France à cause des liens étroits
entre Omar Bongo Ondimba et Paris, d'autres
regrettent que ce soit à nouveau "un
francophone" qui dirige l'UA.
M. Ping qui ne prendra ses nouvelles fonction
qu'en avril prochain, devra travailler a la
réforme de l'UA avec un vice-président. C'est le
Kényan Erastus Mwencha, secrétaire exécutif du
Marché commun des Etats d'Afrique australe et de
l'est (Comesa), qui a été élu à ce poste au
quatrième tour, en remplacement du Rwandais
Patrick Mazimhaka.
Source : Journal L'Union Plus du 02/02/2008