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Le quotidien l'Union du 28 Février 2007

 

DOSSIER CAN CADETS, TOGO -2007

Les enjeux d'une qualification

IL y a de cela quelques années, nous avions été amenés à analyser la situation du football gabonais dont les résultats, très erratiques, traduisaient une régression assez nette, après que notre pays a pourtant atteint un très bon niveau en 1996 en phase finale de la Can sud-africaine. Le Gabon avait alors atteint les quarts de finale de cette prestigieuse compétition, mais n'a pas su capitaliser cette performance historique.

Nous avons donc, après notre analyse, fait un constat pour le moins amer : notre pays accusait un grand retard dans le domaine clé de la formation. Ce qui mettait sous hypothèque notre avenir footballistique. Le forum sur le football, tenu du 16 au 18 novembre 2000, arrivant également aux mêmes conclusions, proposera plusieurs pistes avant de relever le manque d'ambition de notre pays aussi bien dans l'organisation qu'au niveau de la participation aux grandes compétitions.

Toujours est-il que, la conséquence logique de ce gap dans la formation des jeunes, s'est traduite par des absences répétées aux phases finales des compétitions réunissant les jeunes, Can cadets et juniors notamment. A cet égard, la qualification des juniors pour la Can de 2003 au Burina Faso est bien l'exception qui confirme la règle.

La prise de conscience de notre retard au niveau de la formation a fait qu'on enregistre aussi bien à l'intérieur du pays que dans la capitale gabonaise la naissance de quelques écoles de formation, ont la plus importante est celle ouverte par l'Etat gabonais à Port-Gentil, mais qui est souvent perturbée par la lourdeur administrative et l'excès de bureaucratie. Sans oublier le manque d'entraîneurs de haut niveau...

Ce bref rappel historique nous permet de bien comprendre que nous sommes partis de rien, ou presque, et que ce que nous vivons aujourd'hui n'est pas le fruit d'un hasard, même si on note toujours une certaine improvisation dans la préparation de nos équipes.

Cela dit, la qualification des cadets gabonais peut-être considérée comme une première réponse si ce n'est une prime à une formation, certes embryonnaire, mais qui poursuit son petit bonhomme de chemin.

Les enjeux de cette qualification se situent, à notre avis, à trois niveaux. D'abord au niveau du pays dont l'aura ne fera que croître, le football vendant mieux, de nos jours, l'image d'un pays. II y a surtout le fait que le Gabon, désormais très ambitieux, a des échéances capitales en 2009 (Cap cadets et juniors), en 2010 (Cap en Angola, qualificative pour le premier Mondial dont la phase finale est prévue sur le continent noir, précisément en Afrique du Sud) et surtout en 2012, année où il co-organise la compétition avec la Guinée Equatoriale.

Ayant plusieurs longueurs d'avance sur la Guinée Equatoriale au niveau du nombre de licenciés, des clubs, des championnats plus ou moins bien organises, des infrastructures et du vécu qui permet d'accumuler une certaine expérience, le Gabon quart-finaliste de la Can, doit être le moteur de ce couple. Mais pour honorer ce rendez-vous historique, il faut à notre pays une équipe capable de relever le défi, bref d'être à la hauteur de nos ambitions.

C'est naturellement cette équipe qui est en gestation actuellement. Ce sont ces cadets qui constitueront l'ossature des Panthères en 2012. Il faut donc sans réserve les soutenir pour qu'ils franchissent des paliers et accumulent l'expérience des grandes rencontres. Les Panthéreaux ne vont donc pas au Togo pour faire de la figuration, mais pour aller le plus loin possible dans la compétition. Et le plus loin c'est d'atteindre déjà les demi-finales synonymes de qualification pour la Coupe du Monde des cadets prévue en Corée du Sud.

Ensuite, et c'est là le deuxième niveau des enjeux, il y a tout le bénéfice que peut tirer un jeune joueur d'un tel événement sportif. En effet, de nombreux recruteurs, ces chercheurs de pépites d'or, seront au Togo pour dénicher de bons joueurs. Il y a donc à la clé, la possibilité, pour nos jeunes pour peu qu'ils en soient conscients, de signer de bons contrats avec des grands clubs européens. Et comme disait, à juste titre, l'ex-entraîneur des Panthères Alain Da Costa Soarès : "Il faut que nos jeunes soient ambitieux". De telles possibilités permettent, enfin, aux joueurs bien entendu, mais surtout aux clubs formateurs d'empocher des dividendes. Ce qui aura pour effet de booster la formation et de mieux former, étant entendu que les clubs formateurs auront alors des moyens pour mener une telle politique, convaincus qu'elle rapportera gros.

Comme on peut aisément le constater, les en)eux de cette qualification des Panthéreaux sont énormes. C'est pourquoi leur aventure doit se poursuivre, à la fois pour le bonheur de notre pays, donc du peuple gabonais et tous ceux qui auront mis leurs mains à la pâte. C'est pour cela que nous devons, encore une fois, les soutenir avec des mots et surtout…des gestes !

Source : Journal L'Union Plus du 28 Février 2007

 



   

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