DOSSIER CAN CADETS, TOGO -2007
Les
enjeux d'une qualification
IL
y a de cela quelques années, nous avions été
amenés à analyser la situation du football
gabonais dont les résultats, très erratiques,
traduisaient une régression assez nette, après
que notre pays a pourtant atteint un très bon
niveau en 1996 en phase finale de la Can
sud-africaine. Le Gabon avait alors atteint les
quarts de finale de cette prestigieuse
compétition, mais n'a pas su capitaliser cette
performance historique.
Nous avons donc, après notre
analyse, fait un constat pour le moins amer :
notre pays accusait un grand retard dans le
domaine clé de la formation. Ce qui mettait sous
hypothèque notre avenir footballistique. Le
forum sur le football, tenu du 16 au 18 novembre
2000, arrivant également aux mêmes conclusions,
proposera plusieurs pistes avant de relever le
manque d'ambition de notre pays aussi bien dans
l'organisation qu'au niveau de la participation
aux grandes compétitions.
Toujours est-il que, la
conséquence logique de ce gap dans la formation
des jeunes, s'est traduite par des absences
répétées aux phases finales des compétitions
réunissant les jeunes, Can cadets et juniors
notamment. A cet égard, la qualification des
juniors pour la Can de 2003 au Burina Faso est
bien l'exception qui confirme la règle.
La prise de conscience de
notre retard au niveau de la formation a fait
qu'on enregistre aussi bien à l'intérieur du
pays que dans la capitale gabonaise la naissance
de quelques écoles de formation, ont la plus
importante est celle ouverte par l'Etat gabonais
à Port-Gentil, mais qui est souvent perturbée
par la lourdeur administrative et l'excès de
bureaucratie. Sans oublier le manque
d'entraîneurs de haut niveau...
Ce bref rappel historique
nous permet de bien comprendre que nous sommes
partis de rien, ou presque, et que ce que nous
vivons aujourd'hui n'est pas le fruit d'un
hasard, même si on note toujours une certaine
improvisation dans la préparation de nos
équipes.
Cela dit, la qualification
des cadets gabonais peut-être considérée comme
une première réponse si ce n'est une prime à une
formation, certes embryonnaire, mais qui
poursuit son petit bonhomme de chemin.
Les enjeux de cette
qualification se situent, à notre avis, à trois
niveaux. D'abord au niveau du pays dont l'aura
ne fera que croître, le football vendant mieux,
de nos jours, l'image d'un pays. II y a surtout
le fait que le Gabon, désormais très ambitieux,
a des échéances capitales en 2009 (Cap cadets et
juniors), en 2010 (Cap en Angola, qualificative
pour le premier Mondial dont la phase finale est
prévue sur le continent noir, précisément en
Afrique du Sud) et surtout en 2012, année où il
co-organise la compétition avec la Guinée
Equatoriale.
Ayant plusieurs longueurs
d'avance sur la Guinée Equatoriale au niveau du
nombre de licenciés, des clubs, des championnats
plus ou moins bien organises, des
infrastructures et du vécu qui permet
d'accumuler une certaine expérience, le Gabon
quart-finaliste de la Can, doit être le moteur
de ce couple. Mais pour honorer ce rendez-vous
historique, il faut à notre pays une équipe
capable de relever le défi, bref d'être à la
hauteur de nos ambitions.
C'est naturellement cette
équipe qui est en gestation actuellement. Ce
sont ces cadets qui constitueront l'ossature des
Panthères en 2012. Il faut donc sans réserve les
soutenir pour qu'ils franchissent des paliers et
accumulent l'expérience des grandes rencontres.
Les Panthéreaux ne vont donc pas au Togo pour
faire de la figuration, mais pour aller le plus
loin possible dans la compétition. Et le plus
loin c'est d'atteindre déjà les demi-finales
synonymes de qualification pour la Coupe du
Monde des cadets prévue en Corée du Sud.
Ensuite, et c'est là le
deuxième niveau des enjeux, il y a tout le
bénéfice que peut tirer un jeune joueur d'un tel
événement sportif. En effet, de nombreux
recruteurs, ces chercheurs de pépites d'or,
seront au Togo pour dénicher de bons joueurs. Il
y a donc à la clé, la possibilité, pour nos
jeunes pour peu qu'ils en soient conscients, de
signer de bons contrats avec des grands clubs
européens. Et comme disait, à juste titre,
l'ex-entraîneur des Panthères Alain Da Costa
Soarès : "Il faut que nos jeunes soient
ambitieux". De telles possibilités
permettent, enfin, aux joueurs bien entendu,
mais surtout aux clubs formateurs d'empocher des
dividendes. Ce qui aura pour effet de booster la
formation et de mieux former, étant entendu que
les clubs formateurs auront alors des moyens
pour mener une telle politique, convaincus
qu'elle rapportera gros.
Comme on peut aisément le
constater, les en)eux de cette qualification des
Panthéreaux sont énormes. C'est pourquoi leur
aventure doit se poursuivre, à la fois pour le
bonheur de notre pays, donc du peuple gabonais
et tous ceux qui auront mis leurs mains à la
pâte. C'est pour cela que nous devons, encore
une fois, les soutenir avec des mots et
surtout…des gestes !