CHOSES VUES
La route de la décharge :
la grande plaie
L'IDÉAL du calme est dans un
chat assis, mais il peut bien cacher quelque
dose d'inattendu. La tempête dans ce cas de
figure -n'est peut-être pas (très) loin. L'état
dans lequel se trouve bon nombre de voies de
circulation irrite plus qu'il ne fait sourire,
déchaînant très souvent des agitations et
perturbations en tous genres.
Ce qui amène beaucoup de
riverains, pour faire entendre leurs voix (même
si ce n'est vraiment pas la meilleure des
pratiques), à investir les routes, lorsqu'elles
répondent peu ou prou aux exigences d'une bonne
fluidité.
Pas plus loin dans le temps,
les résidents du quartier Alibandeng ont obtenu
gain de cause, après avoir bruyamment exprimé
leur désappointement en dressant les barricades
sur la voie publique. De nos jours, c'est à la
mode ! La lancinante question de la route
conduisant à la décharge, encore en terre
battue, n'en finit pas de faire couler autant
d'encre que de salive.
En la rendant carrossable
c'est une évidence - elle contribuera à apporter
un peu plus d'aisance non seulement a la
circulation, d'autant qu'un grand nombre
d'usagers empruntent, mais aussi à l'activité de
tous les instants que déploie la Société de
valorisation des ordures du Gabon (Sovog) dont
les responsables soutiennent mordicus que la
voie qui mène à la décharge leur donne, chaque
Jour que Dieu fait, davantage de sueurs froides.
Le sujet pour récurrent qu'il
soit n'est nullement saugrenu et il est clair
que pour nettoyer une ville, il faut forcément
de bonnes voies de communication. Le constat est
patent: de nombreuses chaussées principales,
avec un revêtement devenu aujourd'hui inadapté,
sont gagnées par une dégradation graduelle. Les
quartiers difficiles d'accès ont beaucoup
ressemblent à un écheveau, on en compte des
masses à Libreville.
Ce qui, bien évidemment, rend
la tâche d'évacuation et de ramassage on ne peut
plus inextricable et la ralentit sensiblement,
soutient le premier responsable de cette
entreprise depuis 2002 partenaire entre la
mairie de Libreville.
En amont, ceux commis à cette
activité s'échinent tant bien que mal à
l'exécuter et en aval, c'est le gros bourbier
qui les attend sur cette fameuse voie pour
laquelle une énorme mobilisation de matériel
s'avère indispensable. De temps à autre, des
engins de cette entreprise s'y affairent, en
lissant de nombreuses aspérités de cette
surface.
Déjà, arrivée depuis plus
d'une décennie à saturation, la décharge
actuelle qui reçoit l'ensemble des déchets de
toutes sortes produits par notre agglomération,
elle-même, est source d'une certaine polémique
qui s'est fait jour, a une récente époque, entre
cette entreprise et la mairie de Libreville.
La première citée qui en fait
encore usage, à son corps défendant, s'active
dans sa démarche à faire prendre conscience à
qui de droit sur la nécessité de faire
diligence, afin que la voie qui y mène devienne
un peu plus praticable en toutes saisons, à
l'aide d'un revêtement adéquat.
Au bout du compte, il y a ce
centre de valorisation des déchets dont on
attend encore la matérialisation complète qui,
affirme-t-on, apportera un solution pérenne au
problème de traitement des ordures, respectant
toutes les normes environnementales en vigueur.
Cette structure dont les travaux seraient déjà
avancés intègrera, dans sa phase ultime, une
activité de tri et une station d'épuration pour
les matières de vidange.
A ce jour, cette décharge
charrie une importante pollution de
l'environnement touchant directement non
seulement les riverains et les populations
installées en bordure de la Lowé qui la longe,
mais également toutes les autres même
lointaines, par effet des vases communicants,
avec à la clé la contamination bactérienne dont
on connaît toutes sortes de conséquences
collatérales : maladies infectieuses et virales,
des éruptions cutanées et des risques de
choléra, etc.
A l'heure qu'il est, on en
est encore à espérer qu'après l'appel d'offres
dont l'entreprise Socoba a été jugée moins
disante pour les quelques km à réaliser sur
cette voie pour un montant de plus de 2
milliards de FCFA, on pourra voir - peut-être
pour ~ bon le bout du tunnel. Pour le plus grand
bien de la communauté.