OUVERTURE DE LA RÉUNION DES
MINISTRES DE LA SANTÉ DES PAYS DE LA CEMAC
"Soutenir l'approche sous-régionale des
problématiques"
Le Premier ministre, Jean
Eyeghe Ndong et le ministre d'Etat gabonais de
la Santé, Paulette Missambo ont exhorte les
participants à cette action salutaire pour la
Cémac.
INITIALEMENT
prévue à Bata, en Guinée Équatoriale, la réunion
des ministres en charge de la Santé publique des
pays de la Communauté économique et monétaire de
l'Afrique centrale (Cémac) s'est tenue, hier, à
Libreville, dans la salle Oyem de l'Hôtel Okoumé
Palace Intercontinental où ses travaux se sont
déroulés.
D'entrée de jeu, le Dr
Jean-Jacques Moka, secrétaire général de
l'Organisation de coordination pour la lutte
contre les endémies en Afrique centrale (Oceac)
a exprimé sa gratitude au président de la
République, Omar Bongo Ondimba, dont
l'engagement à l'oeuvre de l'intégration vise à
impulser une dynamique nouvelle dans un domaine
qui touche le plus grand nombre: la santé.
Pour lui, en mettant en
évidence l'existence d'un défi commun, la
problématique de l'intégration sous-régionale en
matière de santé repose sur la question de
savoir comment la lutte contre la maladie, en
général, et les grandes endémies, en
particulier, peut contribuer de manière efficace
au renforcement de la cohésion communautaire.
Autrement dit, les facteurs épidémiologiques,
culturels et socio-économiques sont des éléments
communs aux pays de l'Afrique centrale qui les
poussent à privilégier l'approche sous-régionale
de lutte contre les grandes endémies, tant les
stratégies nationales ont montré leurs limites.
Il a rappelé que la
sous-région reste l'une des parties du continent
la plus traversée par les phénomènes morbides
les plus meurtriers qui sont la cause et la
conséquence, tout à la fois, de la pauvreté. Ces
phénomènes morbides, a-t-il signalé, sont le
VIH-Sida, le paludisme, la tuberculose et la
trypanosomiase humaine africaine. Ils sont une
menace, selon lui, pour la survie des
populations. C'est la raison pour laquelle les
ministres en charge de la santé des pays de la
Cémac ont interpellé les décideurs afin de
replacer le secteur de la santé au centre des
préoccupations fondamentales de la communauté,
notamment l'Oceac à jouer le rôle d'une
véritable agence d'exécution des politiques
sectorielles communes aux six pays membres.
Ce qu'a reconnu Ovadjou
Ouarmaye, représentant de l'action sanitaire du
Tchad, qui a affirmé que les moyens de lutte
dont dispose la sous-région demeurent encore
très insuffisants. Ce qui l'amène à s'interroger
quant à l'efficience des stratégies de lutte
développées en Afrique centrale.
Paulette Missambo a déclaré
qu'outre le fait que l'Afrique centrale
enregistre un taux élevé de maladies
transmissibles, une augmentation de maladies non
transmissibles et une réémergence de maladies,
hier non maîtrisées, à l'instar de la
trypanosomiase, la sous-région est confrontée au
dysfonctionnement des systèmes de santé
caractérisés par des déficits en infrastructures
sanitaires, en personnels de santé et en
médicaments : toutes choses qui entravent
considérablement la lutte contre ces fléaux.
C'est pourquoi, elle a dit
qu'il faut soutenir l'initiative de l'Oceac
d'encourager l'approche sous -régionale des
problématiques telles que l'harmonisation des
politiques pharmaceutiques ou la création d'un
observatoire des ressources humaines.
En ouvrant les travaux de la
réunion des ministres en charge de la Santé
publique des pays de la Cémac, Ie Premier
ministre, Jean Eyéghé Ndong a émis le souhait de
voir l'année 2007 consacrer la matérialisation
de nombreux engagements pris à différents
niveaux pour l'amélioration de la situation
sanitaire dans la sous-région où le paludisme
continue de faire des ravages, où le propagation
du Sida est en nette progression, où des
maladies non transmissibles - les maladies
cardiovasculaires, le cancer, l'hypertension
artérielle et le diabète -, s'imposent
aujourd'hui comme de véritables problèmes de
santé publique et les maladies réémergentes
comme la trypanosomiase humaine africaine, fort
longtemps en déclin, font une réapparition
marquée dans le tableau épidémiologique des pays
africains. Un tableau peu reluisant et davantage
assombri par les épidémies de fièvres
hémorragiques virales (Ebola et Malburg),
responsables de nombreux décès.
A cause des
dysfonctionnements, il a invité les ministres de
la Santé à 'jouer le rôle de vraies
locomotives pour qu'enfin le train du défi et de
l'espoir pour lequel l'Afrique se mobilise,
puisse connaître sa vitesse de croisière".
Il a affirmé qu'il sera
soumis aux participants des propositions de
stratégies et d'actions communes concernant les
problèmes brûlants de santé que connaît la
sous-région. Et les a appelés à examiner en
privilégiant deux principes : l'ampleur des
défis sanitaires à relever et la faiblesse des
capacités nationales qui ne laissent aucune
autre alternative que de s'engager ensemble vers
des objectifs communs de santé.