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Le quotidien l'Union du 28 Février 2007

 

FAIT DIVERS

A propos d'un abordage ayant fait deux morts en décembre à Gamba

Une grosse légume derrière "l'accident"

Les conclusions de l'enquête ont abouti à l'arrestation de plusieurs personnes impliquées dans cette affaire et écrouées à Port-Gentil.

QUAND le sang de l'innocent crie vengeance, c'est la manifestation de la volonté divine qui s'exprime avec l'éclatement de la vérité.

En fait, tout ce que tout le monde, à Gamba et dans tout le département de Ndougou, avait jusque-là considéré comme un accident entre deux embarcations ayant occasionné la mort de deux personnes âgées : Mathieu Mavoungou Mouity et Sylvestre Moussounda Ditona, chef du village Vera, n'était qu'un vaste maquillage d'un crime odieux. Dans cet "accident", un rescapé sera d'ailleurs hospitalise. Il s'agit de Jean-Marc Moussinga, un jeune homme d'une trentaine d'années.

Au centre du drame, les intrigues politiques en rapport avec les dernières Législatives qui ont vu certaines personnalités politiques locales se fourvoyer dans des pratiques d'un autre âge, en commanditant un crime odieux. Espérant ainsi réussir à assouvir leurs desseins. Pour mieux convaincre les auteurs, un appât de dix millions a suffi pour diligenter l'opération. Celle-ci prendra d'ailleurs une dimension tragico-parentale avec l'implication (aux premiers rôles) du jeune Serge Mboumba, fils légitime d'une des victimes, Sylvestre Moussounda Ditona.

 

Zone de Texte: Le tristement célèbre Mavoungou Jean Christian, le maître d'oeuvre. C'est lui qui a organisé et coordonné toutes les actions relatives à ce drame
FIÈVRE ELECTORALE. Les faits remontent au mois de décembre dernier et la fièvre des élections législatives fait monter un peu plus d'adrénaline dans les états-majors politiques en lice. Dans cette ambiance qui est loin de les intéresser, Mathieu Mavoungou Mouity, Jean-Marc Moutsinga et Sylvestre Moussounda Ditona, le chef du village Vera prennent la pirogue, de la ville pour le village cité. Il fait nuit, et la navigation nocturne, sans signalisations de sécurité appropriées, n'est pas une partie de plaisir. Autant d'éléments que doit intégrer d'excellents conspirateurs, adeptes du crime parfait.

Depuis quelques jours, un complot était delà ourdi contre eux. Pour l'exécuter, trois bonshommes feront l'affaire : Jean-Christian Mavoungou Animba, Pierre Boukosso Nzigou et Serge Mboumba. Il y aura également Elie Ikapi qui a joué un rôle central dans l'organisation du drame. C'est en effet lui qui a volé la pirogue de couleur bleue de sa grande soeur Julienne Ma pour la confier à Serge Mboumba et Randale Pierre Boukossou-Nzigou pour provoquer la noyade.

Auparavant, les matériels indispensables sont réunis une paire de jumelles pour mieux suivre les victimes, deux téléphones portables pour rester en communication permanente et une autre pirogue motorisée appartenant à Mavoungou Animba.

Comment sont-ils passés à l'action ? Les tueurs se sont répartis en deux équipes. Pierre Boukosso Nzigou et Serge Mboumba (dans une pirogue) sont allés en embuscade au niveau de l'île "Mboumbe-Tsange".Depuis le bar où les trois victimes se désaltéraient pour la dernière fois avant de descendre au débarcadère, Ikapi et Mavoungou suivaient leurs faits et gestes à la loupe à l'aide des jumelles.

Lorsque leur pirogue quitte le débarcadère pour s'engager vers le large, Serge Mboumba et Bokosso Nzigou sont déjà informés, grâce aux téléphones portables, de leur progression.

Le télescopage entre les deux pirogues a été tellement brusque que les deux personnes mortes n'ont même pas eu le temps de se débattre longtemps. Aussitôt après l'acte, Serge Mboumba et Boukossou

vont se placer à l'affût, à 100 m du lieu de l'accident Pour attendre d'assommer d'éventuels rescapés pouvant se montrer. Malheureusement pour eux, il y en avait effectivement un qu'ils n'avaient pas vu: Jean Marc Moutsinga n'était pas mort.

AVEUX • Après ce fut la version que l'on connaît :' abordage entre deux, pirogues motorisées ayant ait deux morts. Pourtant des détails intriguent déjà : les traces de peinture bleue remarquées sur la pirogue des victimes.

Quelques jours plus tard, une plainte est déposée à la brigade de gendarmerie locale, signée de Edouard Digalou, Julienne Maganga et ... Serge Mboumba, demandant qu'une enquête judiciaire soit menée afin que les auteurs de cet acte abominable soient traduits devant la justice.

Les éléments de cette unité de gendarmerie ne se feront pas prier. Le lieutenant Aloïse Onthélé et ses éléments vont aussitôt localiser deux pièces essentielles : Jean-Christian Mavoungou Animba et Pierre Bokousso-Nzigou, alias Randale. Puis les renseignements indiquent que ces deux personnages se sont retirés dans leurs campements où, à l'aide d'une arme à feu, ils menaceraient toute personne qui s'approcherait.

Mais plusieurs techniques seront nécessaires pour les appréhender. D'abord Mavoungou Animba, puis Elie Ikapi qui a d'ailleurs déclaré que les opérations relatives à ce crime étaient dirigées par le premier cité Et c'est ce Mavoungou Animba qui a avoué le nom du commanditaire de cet assassinat, une grosse légume du coin.

Pour cela, celui-ci leur aurait proposé la somme de 10 millions de francs devant être répartie comme suit : 5 000 000 frs pour Serge Mboumba (pour avoir accepté le parricide) ; 3 000 000 frs pour Jean Christian Mavoungou Animba et 1000 000 frs chacun pour Elie Ikapi et Pierre Boukosso Nzigou.

Les arrestations vont s'enchaîner avec les prises, après la clôture de l'enquête, Serge Mboumba, Nono Mbatchi (premier vice-président du conseil départemental dont le nom a été cité plusieurs fois au point qu'il s'en était ouvert au préfet Pierre Ibinga) ainsi qu'Antoine Makanga (conseiller départemental), Gérard Maganga (employé au service technique du conseil départemental) et Albert Kokolo.

En attendant que le gros poisson soit confondu à son tour, plusieurs personnes croupissent déjà a la prison de Port-Gentil dans le cadre de cette affaire qui fait encore couler beaucoup d'encre et de salive.

Source : Journal L'Union Plus du 28 Février 2007

 



   

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