DANS le cadre de
leurs activités professionnelles annuelles, le
barreau des avocats du Gabon organise
depuis samedi dernier, au Foyer Avaro de
l'Université Omar Bongo (UOB) de Libreville, un
séminaire de formation professionnelle. Animé
par les avocats français regroupés au sein d'une
structure associative dénommée "Afrique et
Droit", ce séminaire vise non seulement à
renforcer les échanges entre les deux pays dans
le domaine de la justice, mais aussi à analyser
ensemble, les différents maux qui minent ce
monde très sensible de la vie de l'être humain.
Ainsi, les
participants vont se pencher, une semaine
durant, sur la déontologie relative aux règles
professionnelles, la rédaction des contrats et
des actes judiciaires, la saisie immobilière, la
gestion de cabinet, c'est-à-dire les méthodes
adaptées à la profession d'avocat, pour gérer un
cabinet au niveau fiscal, comptable,
l'acquisition des matériels, des logiciels et
des bibliothèques.
De fait, ces
assises sont aussi une opportunité donnée aux
avocats de mieux appréhender et esquisser des
pistes de renforcement des rapports avec les
magistrats, les clients et entre confrères. A
cet effet, les avocats vont s'interroger sur le
serment qu'ils prêtent lors de leur prise de
fonction.
Un serment qui,
selon le président de l'association "Afrique et
Droit", Me Jean-Marie Becam, date des années
1970 et, qui a une origine politico-religieuse.
Dans cette optique, l'avocat a le devoir de
respecter la loi, les autorités publiques, les
règles de l'ordre des tribunaux.
Le juriste français
n'a pas manqué de rappeler à ses collègues
gabonais, l'importance de leur profession dans
le processus de développement de la vie
politique, économique et sociale du pays. En
effet, a-t-il soutenu, la vocation d'avocat
qu'ils ont librement choisie est un métier
complexe et difficile, qui exige des capacités
techniques certaines, une force de travail
incompressible et une moralité exemplaire, afin
de rendre la justice équitable, crédible et
efficace.
En plus, les
prérogatives d'un avocat doivent être le respect
du droit à la défense, l'organisation de son
emploi du temps, le droit de s'exprimer et de
défendre librement son client avec conscience et
sans aucune pression.
Par ailleurs, ayant
un système commun de droit, les ordres d'avocats
français et gabonais, à travers des cas
pratiques sur les deux peuples, échangent sur
leurs expériences, afin d'améliorer le système
judiciaire dans les deux pays.
Ainsi le bâtonnier
de l’ordre des avocats gabonais, Maître
Jean-Pierre Akumbu M’Oluna, « souhaite que
les avocats gabonais prennent l’information,
l’assimilent et en fassent une force pour
pouvoir défendre adéquatement le justiciable qui
en a besoin ».d’autant que l’avocat doit
être vigilant dans ses rapports avec le
justiciable, afin de ne pas succomber à la
tentation de la corruption et de
l’enrichissement illicite, maux tant décriés
dans la plupart des sociétés africaines.