ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 30 Avril 2008

 

FARlNE DE BLÉ

Les spéculateurs brandissent le spectre d'une rupture
La pénurie de farine observée il y a quelques temps sur les marchés de la place ne serait donc pas le fait d'une rupture de stock de la Smog mais plutôt d'une spéculation de commerçants véreux. Ces derniers mettraient volontairement en réserve la farine achetée à la Smag quand d'autres l'écouleraient au-delà des frontières nationales. Les prix de la Smag sont restés inchangés grâce aux mesures prises par le chef de l'Etat, assure son président-directeur général, et le spectre d'une rupture de livraison de la farine ne devrait
pas être à l'ordre du jour.

 

APRES les explications du président-directeur général de la SMAG, Jean-Pierre Békalé Be Nzoghé, le gouvernement sur instruction du chef de l'Etat avait déjà anticipé la hausse du prix du blé observé sur le marché international (+83% en un an) par l'adoption de mesures palliatives, dont l'octroi d'une subvention.

En effet, indique-t-il, en août 2007, lorsque les analystes internationaux prévoyaient déjà l'inéluctable flambée des matières premières agricoles, la Smag avait saisi de suite les plus hautes autorités de l'Etat sur ses répercussions néfastes sur le prix de la farine.

La tonne de blé qu'elle achetait à 130.000 francs en 2006 avait, en l'espace d'une année, doublé pour se situer à 270.000 francs la tonne en 2007.

Une situation qui a, d'emblée, occasionné d'énormes pertes financières pour l'entreprise avec des risques de pénurie faute de ressources nécessaires pour honorer de nouvelles commandes.

Les estimations de ces pertes s'élèvent, selon la direction générale à 1,4 milliard de francs entre septembre et décembre 2007 et près de 5 milliards depuis le début de l'année 2008. L'entreprise, indique, son patron, perd 50 (10 francs par sac de farine produit).

Ce qui, en pareille circonstance, aurait pu la conduire, et à juste titre, à augmenter ses prix pour compenser ses pertes. Mais cela n'a pas été le cas, indique le PDG de la Smag.

« Nous ne pouvions pas le faire de délibérément vu que les prix de la Smag sont homologués par Direction général de la concurrence et de la consommation. S’il n’y a pas accord de l’Etat, nous ne pouvons pas, comme les autres opérateurs économiques, augmenter nos prix. Le chef de l’Etat n’était pas favorable à cette augmentation, nos prix sont donc restés inchangés » précise ce dernier.

Ainsi, pour atténuer temporairement les pertes de l'entreprise et éviter à la Smag de tomber en rupture de stocks avant l'arrivée de la subvention, l'Etat va prendre un certain nombre de mesures.

Il va, dans un premier temps, reporter les droits de douane et le règlement de l'impôt sur les salaires de la Smag.

Et dans un second temps, l’Etat va régler en avance la péréquation 2008 de transport (594 millions de francs) et va rembourser les arriérés de 2002 à 2007qu~ se chiffraient à 565 millions de francs. Soit une ardoise soldée de 1,15 milliards de francs.

De son côté, la Smag va suspendre le versement à la CNSS des cotisations patronales et solliciter dans le même temps, des établissements bancaires de la place des crédits pour faire face à la situation, souligne Jean-Pierre Békalé Be Nzoghé.

Mais elle va également, ajoute-t-il, réduire ses charges en se séparant d'une vingtaine d'employés; supprimer les ristournes et diminuer l'encours accordé à ses clients.

« nous étions dans une situation lamentable vu que, avant la flambée des prix du blé, nous avions, sur prêt bancaire, dépensé près de deux milliards pour la construction d’un autre moulin » souligne t-il.

Ces remboursements du gouvernement, les prêts bancaires et les décisions prises en interne ont donc permis à la Smag de procéder a de nouvelles commandes de blé (avec retard) afin d'éviter une éventuelle pénurie.

« Nous avion donc commandé un nouveau bateau de blé de 5000 tonnes d’une valeur de 1,7 milliards de francs qui devrait logiquement arriver jeudi prochain. Et pour ne pas tomber en rade d’ici mai 2008, nous avions d’un commun accord avec nos clients, rationné de 15 à 20% nos sorties de blé, sans préjudice pour l’approvisionnement normal du marché national » assure t-il. Et c’est cette ultime mesure, explique t’il, qui va laisser croire à une rupture prochaine de stocks et va entraîner la spéculation observée

SPÉCULATION     Plusieurs grossistes et gérants des dépôts, fait-il savoir, ont stocké volontairement leur achat de farine afin de créer la pénurie et s'adonner, par la suite, à la spéculation.

« Ils ont reçu de la farine de la Smag mais ne l'ont plus vendue à leurs client, pensant pouvoir l’écoulée plus tard à des prix supérieurs dés que, pensaient-ils, nous nous trouverions en rupture » s’insurge Jean-Pierre Békalé Be Nzoghé. Avant d’ajouter « mais ces derniers, apprenant l’octroi imminent de la subvention de l’Etat, vont curieusement ressortir leurs stocks ».

D'autres plus véreux, indique t-il, sont allés le revendre au Cameroun voisin pour tirer de substantielles plus-values.

En effet, plusieurs tonnes de farine destinée au marché national ont été retrouvées sur les étals des marchés à Douala. Le sac de farine y est vendu à 21.000 francs contre 14.950 francs au Gabon. Soit un bénéfice supplémentaire de 7000 francs.

La Smag a ainsi alerté la direction générale des douanes, de la nouvelle destination empruntée par sa production de farine.

Cette dernière va ainsi mettre en place un cordon sécuritaire à Ntoum, Mitzic, Oyem et Bitam pour stopper l'hémorragie.

« Nous avons prévenu nos clients que s’il exportaient encore la farine en direction du Cameroun on les rayerai purement et simplement de notre réseau de distribution. Ainsi comme vous le constatez, le produit n’est pas rare. Et l’arrivée prochaine de la subvention de l’Etat nous permettra de retrouver notre cycle normale » s’est-il réjouit.

 

Source : Journal L'Union Plus du 30/04/2008

 



   

PROGRAMME DE RELANCE DU SECTEUR CAFÉ/ CACAO
Des cultures de rente sur le point de retrouver un second souffle

 

 

FARINE DE BLÉ
Les spéculateurs brandissent le spectre d'une rupture

 

 

JUSTICE
Echanges entre avocats gabonais et français

 

 

 

 Pour moi quoi...Makaya
ET toc! Moi, Makaya