A chaque vote chez nous,
ses petites histoires. Et son couac. Dans cette
ville du nord de notre Gabon d'abord où furent
formées des générations d'enseignants, ça a donc
été youcoucou ! Dans ces conditions, moi,
Makaya, je me demande si ça n â pas été une
décision précipitée que d'y reprogrammer le vote
hier, quoi.
Au passage, je ne
comprends pas très bien qu'on y ait déclaré
fériée cette journée de lundi, vu que les jours
de fêtes relèvent d'un décret difficilement
applicable en l'espèce. Chômé eût été suffisant
pour permettre à chacun d'exercer son devoir de
citoyen.
Moyennant quoi, on risque
d'être obligé de décréter une nouvelle « journée
fériée », parce que les nouvelles qui me sont
parvenues delà-bas hier n’auguraient pas
d'opérations électorales telles qu'annoncées par
l'avenue Coin-Tête (Makaya, on dit de Cointet).
Jusqu’en milieu d'après-midi, rien n'avait
commencé. Autant d'heures de vote perdues, je ne
sais pas comment ça se rattrape.
Ouais - et c'est pour ça
que j’emploie le mot « youcoucou » - la veille,
ça été en fait plus sérieux qu'une simple,
divergence entre alliés quant à la répartition
des assesseurs. D'ailleurs, dans ces cas-là, le
vote a du mal à débuter. Or, il aurait bien
débuté avant que, devant la tournure prise
parles évènements, des éléments incontrôlés ne
cassent le matos électoral, les urnes en
particulier.
Ce matos, il faut bien le
remplacer. Ce qui peut prendre un peu de temps.
Sans oublier qu'il faut aussi acheminer des gens
d'armes en renfort pour assurer la sécurité des
opérations de vote. Je ne parle même pas de
l'identification de ces casseurs. Parce que
ceux-là doivent répondre des destructions. La
loi ne badine pas avec ça.
Donc, moi, Makaya, je
crois qu'il fallait avant tout s’assurer que les
conditions d'un "scritin" dans la sérénité
étaient de nouveau réunies avant d'annoncer une
date pour le déroulement de celui-ci:
L'abstention nous donne déjà assez de maux de
tête comme ça pour qu'on n'en rajoute pas.
Enfin moi, je le dis
seulement comme ça, quoi...