LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ
ET LA VIE CHERE
La révolte des paniers
vides continue
Samedi dernier,
malgré les mesures provisoires prises par les
pouvoirs publics en conseil des ministres, la
Coalition contre la vie chère et l'ONG "Cri des
femmes" ont organisé
un meeting à la place de la Paix.
LA capitale gabonaise
était transformée, le samedi 26 avril dernier,
en ville des meetings. Il s'agissait, en plus de
la clôture de la campagne pour les élections
locales, d'un nouveau rassemblement des
organisations de la société civile contre la vie
chère au Gabon, à la Place de la Paix (rondpoint
de la Démocratie) rebaptisée
"Place des Lamentations".
L'on pouvait ainsi voir
les manifestants exposer des paniers vides, en
brandissant des banderoles portant des messages
de revendications, dans une ambiance entretenue
par des chansons de Bob Marley, Tiken Jah Fakoli
et des rythmes d'élone (une danse locale).
C'était donc l'occasion pour Christian Richard
Abiague Ngome, président de la Coalition contre
la vie chère, de donner un avis désabusé, quant
aux mesures fiscales et budgétaires prises par
les pouvoirs publics lors du dernier Conseil des
ministres.
Tout en relevant
"qu'elles sont le signe d'une écoute attentive
des attentes de la Coalition", l'orateur
note, cependant, que
"de telles mesures sont
transitoires et ne peuvent être considérées
comme des solutions pérennes à la dégradation
continue du pouvoir d'achat des ménages au
Gabon".
Car, selon lui, dans cette
décision gouvernementale, les exigences de la
Coalition ne sont pas réellement prises en
compte, notamment la suppression de la TVA sur
l'eau, l'électricité, les produits pétroliers et
les matériaux de construction, la création d'une
coopérative de collecte et de commercialisation
des produits vivriers, la mise en place de
cellules de veille des consommateurs qui
permettraient aux usagers et consommateurs
d'être partie prenante dans l'observation
quotidienne de l'activité économique.
Le Gabon dépendrait, à
plus de 80%, des importations des produits de
consommation courante. De ce fait, la Coalition
contre la vie chère au Gabon revendique la mise
en place d'un groupe de travail tripartite
regroupant le gouvernement, les opérateurs
économiques et la société civile, afin
d'élaborer un plan d'urgence face à cette crise
alimentaire qui menace notre pays.
Par ailleurs, commentant
la fin de la période de six mois de suspension
provisoire des droits de taxes à l'importation
et de la TVA, M. Abiague Ngome indique qu'elle
coïncide avec la prochaine rentrée scolaire.
«Nous pouvons donc entrevoir une nouvelle
flambée des prix des fournitures scolaires, par
exemple, dès la levée de cette mesure»,
a-t-il prophétisé. Avant d'ajouter:
"la révolte des paniers
vides continuera malgré les mesures
gouvernementales quine sont que provisoires".
D'autres intervenants ont,
auparavant, condamné la flambée des prix dans
notre pays, les promesses non réalisées du
gouvernement et les bavures policières,
demandant à toutes les populations gabonaises,
où qu'elles se trouvent, de soutenir l’action
des organisations de la société civile, d'autant
plus que la hausse des prix et la baisse du
pouvoir d'achat est l'affaire de tout le monde.
Avant de se séparer, la
présidente de l'ONG "Œuvrer plus pour le
Gabon" (OPGA), Mme Bernadette Débordes
Mimboui Mi Sima, a distribué gratuitement, dans
le cadre de la « soupe populaire », des
repas du terroir à des centaines de personnes
venues assister au meeting.