LOCALES DE 2008
Les électeurs, rois d'un
jour!
De nombreux
concitoyens inscrits sur les listes électorales
ont fait l'objet d'une grande attention de la
part des candidats qui, pour la plupart les ont
transportés, nourris...
HIER matin, l'épaisse
couche de brume qui recouvrait la ville
disparaissait à mesure que le soleil
transperçait à l’horizon. Dès 6 heures; un
ballet de voitures était observable dans la rue
commune il s'agissait d'un jour ouvrable.
C'étaient en fait les candidats ou leur
directoire de campagne qui assurait le transport
de leurs représentants dans les bureaux de vote.
A l'école publique de la
cité, les quatre présidents du centre arrivent
très tôt à bord d'un véhicule de la Cénap au
premier arrondissement, accompagnés de tout leur
matériel. Pendant ce temps, un bus et des
camions militaires larguent dans tous les sites
retenus les forces de sécurité et de défense.
Certains déposent en même temps des urnes. Tout
semble aller comme sur des roulettes. Pourtant,
aucun bureau apparemment n'ouvrira à l'heure
prévue par la loi : 7 heures.
Les plus rapides, selon
diverses sources, étaient accessibles aux
environs de 8h30. D'autres, jusqu'à 10 heures
n’étaient pas encore opérationnels. Tout- ceci a
surtout été signalé aux deuxièmes et quatrièmes
arrondissements. Un retard causé, dans nombre de
cas, par les absences soit des vice-présidents
ou des assesseurs ou encore les deux à la fois.
Juste après avoir accompli son devoir civique,
Me Séraphin Ndaot, confiant quant à son succès
dans les quatre arrondissements, exprimait deux
inquiétudes : plusieurs de ses militants
n’auraient pas retrouvé leurs noms sur les
listes et l'ouverture tardive de quelques
bureaux. L'ex édile reste cependant assuré :
"J’ai le
sentiment qu’à l'heure qu'il est (hier à
11heures ndlr), Je suis gagnant dans les quatre
arrondissements ".
A Saint André,
André-Bernard Ifouta, adossé à un poteau,
visiblement dépité, ne comprenait pas que sa
fille, détenant une fiche d'inscription dûment
remplie dans le troisième arrondissement qu'il
brigue avec d'autres pédégistes, retrouve son
nom au premier arrondissement.
Malgré la réclamation
faite " à temps ", rien n'a changé. Quoiqu'il en
soit, aucun incident majeur, jusqu'en début de
soirée n'était signalé.
MATURITE POLITIQUE
Les Portgentillais ont, comme les fois
précédentes, exprimé leur choix en toute
tranquillité. Le gouverneur de province,
Jean-Marie Béka b'Obame et le Haut représentant
personnel du chef de l'Etat, Michel Essonghé,
l'ont fait vers 9 heures au centre de formation
et de perfectionnement professionnel (premier
arrondissement). Jean-Philippe Douckagha,
candidat du-Rassemblement des républicains au
quatrième arrondissement affiche un grand
optimiste. "Notre objectif est d'obtenir les
15 conseillers sur 15 " confie-t-il estimant
que le tour est venu pour sa circonscription
d'avoir un maire à la mairie Centrale, unique
voie de salut, selon lui, pour sortir de son
sous-développement. Il ne vise pas moins que le
fauteuil de premier magistrat communal.
Alors que Jean-Richard
Sylong, qui avait 10 conseillers municipaux dans
l'ancienne mandature, espère en avoir un peu
plus. Un rapide tour des QG et des centre de
vote démontre à quel point les candidats
prennent soin de leurs électeurs qui pour la
circonstance deviennent des rois d'un jour.
Nombreux ont organisé des
transports à partir des QG, d'autres
effectuaient le ramassage dans les quartiers,
sur des itinéraires bien définis. On espère
ainsi par ricochet lutter contre l’abstention.
Et malgré cela il n'y avait vraiment pas - à
quelques exceptions près - bousculade devant les
bureaux de vote.
A 16 heures, certains
candidats du troisième arrondissement
affichaient une grande colère. L'un de leurs
adversaires avait fait venir, affirmaient-t-ils,
des électeurs de l'Ogooué. Sous nos yeux et ceux
d'autres personnes, un candidat a refusé de
tendre la main à un autre qui venait
chaleureusement le saluer.
A signaler que les deux
sont maires sortants. Du reste on raconte qu'ils
sont parents (oncle et neveu) et, d'ordinaire,
ils s'entendaient dans les affaires. Haine
subite, séquelles de la campagne ou superstition
? Personne ne sait. Ailleurs par contre, on a
observé beaucoup de gestes de fair-play entre
candidats. Signe évident d'une certaine maturité
politique.