SOUS la haute
présidence de son excellence El Hadj Omar Bongo
Ondimba, président de la République, chef de
l'Etat, le Conseil des ministres s'est tenu ce
jeudi 24 avril 2008 à partir de 10 heures 30
dans la salle habituelle au palais de la
présidence de la République.
A l'entame des
travaux, le président de la République a fait
part au Conseil, de sa préoccupation sur
l'appréciation continue des produits
alimentaires. Il a insisté sur la nécessité pour
le gouvernement de prendre des mesures urgentes
en vue de sauvegarder le pouvoir d'achat des
gabonais.
Le chef de l'Etat a
par ailleurs rappelé les termes de sa
correspondance adressée au ministre d'Etat,
ministre de l'Economie et des Finances, lui
demandant de proposer au Gouvernement un train
de mesures fiscales et budgétaires.
Après une
présentation détaillée de la situation
internationale et nationale de cette crise
alimentaire par le ministre d'Etat, ministre de
l'Economie et des Finances notamment en ce qui
concerne l'envolée des prix de la farine de blé,
du riz, du lait, de l'huile et du poisson, le
Conseil des ministres a arrêté les mesures
suivantes, à effet immédiat, sur ces cinq (5)
produits :
Mesures fiscales :
- suspension pour six (6) mois de tous les
droits et taxes à l'importation;
- suspension pour six (6) mois de la TVA
sur l'huile et le poisson importé, le lait
et la farine ;
- suppression de toutes les taxes relevant
de la parafiscalité prélevées et perçues par
les administrations suivantes : ONADER,
Direction générale de l'Agriculture,
Direction Générale des Douanes et Droits
Indirects (RUSID), Conseil Gabonais des
Chargeurs, ministère des Transports, Hygiène
Publique, Mairies et Conseils
Départementaux.
Il en est de même
des produits issus des contrôles de Police et de
Gendarmerie ainsi que tout autre prélèvement
opéré sur l'ensemble de la chaîne de
commercialisation de ces produits.
Le Conseil demande
aux opérateurs économiques de s'opposer à tout
acquittement des taxes parafiscales entre le
Port, les Aéroports et les Postes Frontaliers
Terrestres et leurs dépôts.
S'agissant
spécifiquement du riz, les marges nettes des
importateurs, des demi-grossistes et des
détaillants seraient plafonnées pour six (6)
mois, respectivement à10%età6%.
Un Arrêté du
ministre des Finances sera pris à cet effet.
La charge sur le
budget de l'Etat de l'ensemble des mesures
fiscales préconisées est estimée à dix (10)
milliards de F.
Mesures budgétaires
:
Elles concernent
essentiellement la mise en place d'une
subvention pour la SMAG, en sus de la
péréquation actuelle au transport de la farine
de blé.
Par ailleurs, dans
la perspective d'allègement significatif du
panier des personnes économiquement faibles, il
doit être accéléré la mise en place de la Caisse
Nationale d'Assurance Maladie et de Garantie
Sociale (CNAMGS).
Aussi, afin de
rendre visibles les efforts du Gouvernement et
d'en renforcer l'impact au bénéf4ce des
populations, la Direction Générale de la
Concurrence et de la Consommation devrait-elle
accroître la surveillance du marché de ces
produits. Un rapport établi à cet effet serait
régulièrement fait au Gouvernement.
Pour ce qui est de
la pêche, le prix du litre de gasoil sera ramené
de 470 F CFA à 297,84 F CFA, soit une baisse
substantielle de 37 %. Cette exonération fiscale
est prise exclusivement en faveur des
entreprises de pêche gabonaises régulièrement
constituées, y compris les artisans du secteur
qui devront être préalablement et formellement
agréées à ce régime par une Commission
regroupant les services des Impôts, des Pêches
et des Caisses de Stabilisation et de
Péréquation.
Il doit être
compris que les entreprises qui bénéficieront de
la mesure ci-dessus ont l'obligation de
débarquer leurs captures dans les Ports
nationaux et de réduire sensiblement le prix de
vente y afférents.
Un Arrêté devrait
être pris à cet effet pour une application
diligente des nouveaux prix du « gasoil pêche».
AU TITRE DES
PROJETS DE TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
MINISTERE DE
L'ECONOMIE, DES FINANCES, DU BUDGET ET DE LA
PRIVATISATION
Sur présentation du
ministre d'Etat, le Conseil a adopté un projet
de Décret fixant le détail de la nomenclature
des ressources et le détail de la nomenclature
des charges du Budget Général de l'Etat.
En dépit de
l'entrée en vigueur de la loi n°4/85 du 27 juin
1985 relative aux lois de finances, l'unique
base légale de la nomenclature budgétaire est
constituée par l'ordonnance n°40/75/PR/MINECOFIN-PART
du 30 juin 1975 relative aux lois de finances et
son texte d'application, le décret n°1281/PR/MINECOFIN-PART
du 25 novembre 1977 fixant les nomenclatures et
le mode de préparation du budget général de
l'Etat.
En effet, la loi
n°4/85 qui abroge l'ordonnance n°40/75/PR/MINECOFIN-PART
ne prévoit aucune disposition relative aux
nomenclatures budgétaires.
Or, depuis 2002,
des besoins nouveaux répondant notamment aux
exigences de sincérité et de transparence des
opérations budgétaires sont apparus. Le décret
n°1281/PR/MINECOFIN-PART du 25 novembre 1977
fixant les nomenclatures et le mode de
préparation du budget général de l'Etat étant
devenu caduc, l'actualisation de ces
nomenclatures budgétaires s'est progressivement
avérée indispensable.
A cet égard, la loi
n°4/85 relative aux lois de finances, notamment
les articles 7, 11 et 13, a connu une
modification partielle afin d'y insérer de
nouvelles dispositions prévoyant la nomenclature
budgétaire.
A cet effet, la loi
n° 11 /2005 modifiant certaines dispositions de
la loi n°4/85 du 27 juin 1985 relative aux lois
de finances a été adoptée dans le but de
légaliser l'utilisation de la nomenclature
budgétaire et de combler le vide juridique qui
existait en la matière. C'est donc en
application des dispositions de la loi suscitée
que le présent décret a été élaboré.
1°) Intérêts de la
nouvelle nomenclature
La nouvelle
nomenclature budgétaire présente de nombreux
avantages tant pour la préparation et
l'exécution du budget de l'Etat que pour sa
présentation.
Sur le plan de la
préparation du budget, la nouvelle nomenclature
permet notamment :
- des prévisions précises et détaillées
des recettes et des dépenses ;
- des conférences et des arbitrages fondés
sur une connaissance exacte des montants
affectés par type de dépense et service
utilisateur ainsi que sur une évaluation
claire et détaillée des ressources
prévisibles ;
- des analyses fines en cours d'exécution
;
- la mise en œuvre d'un contrôle efficace.
S'agissant de la
présentation du budget général de l'Etat, la
nouvelle nomenclature rend plus aisé :
- la détermination des grandes lignes de
la politique économique et financière du
Gouvernement et d'en évaluer les
conséquences;
- l'obtention, de manière synthétique, de
l'ensemble des moyens mis à la disposition
des services publics.
2°) Présentation de la
nouvelle nomenclature budgétaire
La nomenclature se
décompose en cinq sous ensembles :
- la nomenclature par destination
administrative ;
- la nomenclature par nature économique ;
- la nomenclature par fonction ;
- la nomenclature par destination
administrative ;
- la nomenclature par objectif de
programme.
- La nomenclature par
destination administrative : également
appeléenomenclature des administrations,
identifie le ministère ou le corps constitué et
le service responsable de la dépense. La
nomenclature par destination comprend deux
éléments à savoir la section et le chapitre.
Cette nomenclature
est plus détaillée et axée sur les organigrammes
des administrations. Cette innovation permet une
plus grande responsabilisation des personnes
placées à la tête des unités administratives et
une analyse plus complète des coûts des
services. L'évolution de cette nomenclature
reste toutefois liée à la révision des textes
qui sous-tendent l'organisation et le
fonctionnement de toutes les administrations
conformément aux disposition de la loi n°20/2005
du 03 janvier 2006 fixant les règles de
création, d'organisation et de gestion des
services de l'Etat;
- la nomenclature
par nature économique : codifie les ressources
et les charges en fonction de leur nature. Les
ressources et les charges du budget sont
regroupées en parties, titres, articles et
paragraphes, permettant ainsi une meilleure
analyse des coûts ;
- la nomenclature
par fonction : permet la détermination des coûts
des services publics par fonctions. Elle est
indispensable pour l'analyse budgétaire et pour
les fins de comparaisons internationales.
La nomenclature par
fonction ressemble à la nomenclature par
destination administrative, mais ces deux
nomenclatures ne sont pas identiques. En effet,
alors que la première décrit l'activité, la
deuxième représente le département et le service
responsable des crédits.
Cette nomenclature
facilitera le travail de la Direction Générale
des Statistiques et des Etudes Economiques dans
le cadre de la collecte de données nécessaires à
la préparation des comptes nationaux afin
d'établir des comparaisons sur le plan
international ;
- la nomenclature
par destination géographique : identifie la
provenance des recettes et la consommation des
crédits (dépenses) de l'Etat par région
géographique (province, département, district) ;
- la nomenclature par
objectif de programme : représente une
classification des dépenses publiques à partir
d'objectifs précis, définis en fonction de
finalités d'intérêt général et orientés vers des
résulta attendus. Les crédits sont regroupés au
sein de programmes ministériels destinés à
mettre en œuvre une action ou un ensemble
cohérent d'actions relevant d'un ou plusieurs
ministères. Ces programmes sont groupés par
missions.
EN MATIERE DE
POLITIQUE GENERALE
MINISTERE DU
COMMERCE, DU DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL, CHARGE DU
NEPAD
Dans le cadre de la
promotion des échanges et des investissements,
notamment dans les secteurs tels que la pêche,
le transport, les mines, les infrastructures et
le tourisme, le Conseil a approuvé la
proposition du ministre du Commerce quant à
l'organisation à Genève, du 04 au 06 Juin 2008,
par le Conseil des Entreprises Européennes pour
l'Afrique, d'une journée « Investir au
Gabon », en marge du 4e Forum Economique sur
l'Afrique.
MINISTERE DE LA
SANTE ET DE L'HYGIENE PUBLIQUE, CHARGE DE LA
FAMILLE ET DE LA PROMOTION DE LA FEMME
La première Journée
mondiale du paludisme sera célébrée dans notre
pays le 25 avril 2008.
Les manifestations
prévues pour commémorer cet événement portent
sur le thème : « Le Paludisme - une maladie sans
frontières ». Elles se dérouleront simultanément
dans toutes les dix (10) Régions Sanitaires.
Il s'agira
principalement, au cours de cette Journée, de
sensibiliser les populations à la menace que
représente le Paludisme et à la nécessité de
vivre dans un environnement salubre à travers
des causeries-débats, la distribution des
moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue
durée d'efficacité; ainsi que l'imprégnation des
moustiquaires, rideaux et voilages.
MINISTERE DES
AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPERATION, DE LA
FRANCOPHONIE ET DE L'INTEGRATION REGIONALE
Madame le Ministre
a sollicité et obtenu l'accord du Conseil pour
l'accréditation de Madame MAHOUA BAMBA PARUMS en
qualité de Représentant Résident Régional du
Haut Commissariat des Nations Unies pour les
Réfugiés auprès de la République Gabonaise avec
résidence à LIBREVILLE.
MINISTERE DES
AFFAIRES SOCIALES, DE LA SOLIDARITE, DE LA
PROTECTION DE LA VEUVE ET DE L'ORPHELIN ET DE LA
LUTTE CONTRE LE SIDA
Le Conseil a pris
acte de ce que dans le cadre de l'application
des mesures à caractère social décidées par le
Président de la République, chef de l'Etat, Mme
le ministre a mis à la disposition du ministère
de la Santé, au cours d'une cérémonie récemment
présidée par M. le Premier ministre, chef du
gouvernement, des antirétroviraux d'une valeur
de cinq cent millions (500.000.000) de francs .
Le Conseil a
autorisé un certain nombre de missions à
l'étranger des membres du gouvernement. La
notification de chaque mission sera faite aux
différents ministres par le secrétariat général
du Conseil des ministres.