MOI, Makaya,
j’espère bien que les membres du «gouvrement»;
réunis aujourd'hui autour de notre "présida",
reviendront sur cette mini bombe qu'est devenue
l'envolée des prix des produits de première
nécessité. Pas pour nous rappeler que c'est
partout pareil, mais pour nous dire comment
concrètement on y fait face et pour proposer des
projets efficaces pour l'avenir, quoi.
Dans ce pays, on
n'a pas spécialement le goût pour les
manifestations. Mais lorsque des gens - quel que
soit leur nombre -se mettent dans la rue,
bravent une pluie diluvienne comme cela a été le
casa avant-hier pour attirer l'attention des
autorités sur ce qu'est désormais notre
quotidien, celles-ci ne doivent pas se
satisfaire de ce que la manif a été dispersée
assez rapidement.
D'ailleurs, comme
avait dit quelqu'un que je n’apprécie pas du
tout, ce n'est pas parce qu'on casse le
thermomètre qu'on guérit la fièvre. Au quartier,
on ne comprend pas qu'on nous ait annoncé
des initiatives, mais que cela se traduise par
toutes ces augmentations qu'on voit.
Plus grave, des
accusations de spéculation sont en train de
pleuvoir sur des boîtes détenant le monopole
dans la fabrication de tel ou tel produit. La
farine, par exemple. Ce qui, là aussi, augure
des hausses qui vont grever notre maigre "bidjet".
A ce train-là, tout le "bidjet" en question va
bientôt aller à la bouffe et il n'y aura plus
rien pour envoyer nos "bana" à l'école ou les
soigner quand ils sont malades.
Non, il faut de
nouvelles initiatives, fortes celles-là.
Visibles aussi, il faut également que les
autorités nous disent de quoi demain sera fait.
Le comité interministériel dont on a annoncé la
mise en place-là, je ne lui fais que modérément
confiance. Depuis que nous nous désolons d'être
si dépendants de l'extérieur pour ce qui est de
notre bouffe, il serait enfin temps de proclamer
une vaste ambition pour notre agriculture, avec
ce qu'il faut pour la mettre en œuvre: le
"miang" , les acteurs, les objectifs, le
calendrier...
Pour nous, quoi...