INFLATION/CONFERENCE DE
PRESSE
La révolte des paniers
vides
Suite à la
hausse des prix des produits de consommation
courante observée ces derniers mois, la
coalition contre la vie chère au Gabon et
d'autres partenaires de la société civile, ont
organisé samedi une conférence de presse sur ce
sujet au quartier Louis. Une manifestation
précédant la marche pacifique de protestation
qui aura lieu demain, et sera sanctionnée par la
remise d'un mémorandum au Sénat, à l'Assemblée
nationale et à la Primature.
VIE chère égale pauvreté.
Voilà en résumé ce que l'on peut retenir de la
conférence de presse sur les causes réelles de
la hausse des prix de consommation, organisée
samedi dernier, par la coalition contre la vie
chère au Gabon en partenariat avec l'association
Cri de femme et le club Unesco espoir jeunesse.
C'était au quartier Louis, au siège de
l'organisation non gouvernementale (ONG)
Brainforest, en présence de plusieurs acteurs de
la société civile.
Avant d'entrer dans le vif
du sujet, le coordonnateur de la coalition,
Christian Abiaghe Ngome, a déclaré que cette
manifestation vise à attirer l’attention du
gouvernement, du Fonds monétaire internationale
(FMI) et de la Banque mondiale, en vue de
trouver des solutions urgentes et immédiates sur
la question de l'inflation internationale.
Cependant, il a souligné
que la hausse des prix sur le plan mondial due
essentiellement à la flambée du prix du pétrole
ne justifie pas le problème de la vie chère dans
le contexte du Gabon. En particuliers en ce qui
concerne le coût des produits alimentaires
locaux ou importés.
En effet, a argumenté le
conférencier, en moins d'une année, les
statistiques officielles indiquent une hausse de
plus de 13% des prix des produits vivriers tels
que les tubercules, la banane plantain, les
légumes et les épices. En sus l'huile de
cuisine, la viande de bœuf, le poisson, le cotis
de porc, le riz ont vu leurs prix augmenter dans
une proportion de 10 à 15%, alors qu'en mai
2007, l'inflation se situait à 6,1 %. Des
statistiques qui lui ont permis de relever que
l'inflation internationale n'est donc qu'un
facteur aggravant l'insécurité alimentaire qui
sévit dans notre pays.
"Au Gabon, tout est cher
parce que les commerçants et les entreprises
récupèrent chez les consommateurs ce que le
gouvernement leur retire. La révolte des paniers
vides est une alerte adressée à tous ceux qui
refusent aux Gabonais le droit élémentaire de se
nourrir. C'est pourquoi nous demandons au
gouvernement de prendre au sérieux le problème
du panier de la ménagère"
a poursuivi l’orateur;
avant de proposer, au nom de la coalition, la
mise en œuvre de certaines mesures.
Au nombre de ces mesures,
la création d'une coopérative des consommateurs
financée sur fonds publics, chargée de la
commercialisation des produits vivriers dans les
grands centres urbains du Gabon, la mise en
place dans chaque centre urbain d’une cellule de
veille des consommateurs chargée du suivi de la
qualité et du coût des biens et services de
consommation en partenariat avec les services
compétents de l'Etat, la suppression des taxes
douanières sur les produits de première
nécessité et la suppression de la taxe sur la
valeur ajoutée (TVA) sur l'eau, l'électricité,
les matériaux de construction et les produits
pétroliers.
Ces mesures urgentes sont
contenues dans le mémorandum de la coalition qui
sera déposé au Sénat, à l'Assemblée nationale et
à la Primature, au terme de la marche pacifique
de protestation contre la vie chère dans notre
pays, qui aura lieu demain à partir de 10 heures
au rond-point de la démocratie.