MOI, Makaya,
j’ai toujours souhaité aller me reposer chez moi
à Kanana, Otala et Bolossoville après ma
retraite là-bas au chantier Bordamur où je suis
contremaître. Mais je me rends compte que cela
ne va pas être possible parce que je finirai par
mourir d hypertensions artérielle à force de
ressasser les mêmes choses de notre Gabon
d’abord là, quoi.
De quoi
s'agit-il encore, mes chers frères Makaya
excédés ? Eh bien, je veux revenir sur ce
problème de camions grumiers qui circulent de
nuit sur nos pistes d’éléphants. L’autre jour,
le neveu du cousin germain de la grand-sœur de
l’oncle de ma bonamie, c'est à-dire mon propre
mougoye ; a été choqué, offusqué et estomaqué
(Ouais, Makaya pompe désormais le gros français)
de rencontrer à une heure avancée de la nuit sur
la Nationale 1 des transporteurs de grumes et
d’autres mastodontes roulant à tombeau ouvert.
Pourtant, il y avait des postes de contrôle
établis par les maréchaussards le long de la
route.
Arrivé aux
portes de Libreville vers cinq heures d u mat
mon "mougoye " a vu le même spectacle, cette
fois-ci au nez et à la barbe des flics,
apparemment plus préoccupé à racketter les
taximen qu'à réguler la circulation. "Pourquoi
est-ce que vous ne les arrêtez pas ? qu’il leur
a demandé". –« Tu peux descendre et venir
arrêter tout les grumiers qui passent! »; que
lui a craché au visage du flic bedonnant.
Moi, Makaya, je
ne comprends pas cette mauvaise volonté chez
ceux qui sont chargés de veiller à la sécurité
de biens et des personnes, quoi. Les autorités
évaluent-elle les risques que font courir les
grumiers aux autres usagers de la route ?
Combien de drames faut-il pour qu’on règle
définitivement cette question ? Savent-elles
qu'en cette période électorale la route est très
empruntée par des délégations politiques, qui
voyagent très souvent de nuit ? C'est à croire
qu'on n’a pas tiré tous les enseignements du
drame de Massika.
Quel pays !