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Le quotidien l'Union du 17 Avril 2008

 

Mini-entretien avec ... Pierre Bédier, président du groupe parlementaire d'amitié France-Gabon

« Pour le gaulliste que je suis l'amitié franco-gabonaise a une saveur particulière »
Le parlementaire français oui se félicite de la fin de la mini-crise, a néanmoins relevé la légèreté de la conduite des autorités françaises.

 

M. Pierre Bédier, vous avez, lors d'un entretien avec notre ambassadeur en France le mois dernier, exprimé votre irritation devant la mini-crise que traversaient alors les relations entre Libreville et Paris et, en particulier, devant les éléments qui l'avaient provoquée. A présent que ries nuages se sont éloignés, on suppose que vous êtes satisfait ?

Je suis satisfait et très heureux parce que vous vous souviendrez que j'avais manifesté mon irritation à l'égard de la partie française. Lorsqu'on connaît l'intensité des relations entre la France et le Gabon, la façon dont les autorités françaises s'étaient conduites était un peu légère, s'agissant de l'expulsion de ces deux jeunes étudiants. Si le seul problème de la France était l'immigration gabonaise, on pourrait considérer que les problèmes migratoires de la France sont réglés. D'autre part, les attaques répétées aussi anciennes et stupides à l’égard du président entachent les bonnes relations qui doivent exister entre nos deux pays. Donc, je suis particulièrement heureux que ma visite arrive trop tard, puisque les choses se sont arrangées. Je viens réaffirmer cette union entre la France et le Gabon et voulais manifester le fait que nous sommes des parlementaires français convaincus de la nécessité d'entretenir des bonnes relations entre la France et le Gabon. C'est le rôle de notre groupe d'amitié. Je pense qu'il est central parce que le Gabon a une histoire avec la France qui est singulière et profitable à la fois à la France, à la fois au Gabon, mais aussi à l'ensemble du continent africain et l'ensemble du continent européen. C’est le message amical que je voulais (re)-délivrer à la partie gabonaise.

... Justement vous avez été reçu par le président Omar Bongo Ondimba, quels enseignements tirez-vous de cette entrevue ?

Il y a trois choses qui m'ont frappé au cours de cet entretien. La première, c'est que le président Omar Bongo Ondimba a le calme des troupes, si j’ose dire. Et donc ce n'est pas la première crise franco-gabonaise et il sait que ce n'est pas la dernière. Il remet tout le monde à sa place, je trouve cela très bien, c'est le privilège de l'ancienneté et de la sagesse que confère l'ancienneté. La deuxième chose qui m'a frappé, c'est la volonté du président d'oublier toutes ces petites histoires pour toujours se tourner vers l'a venir et imaginer ce que doivent être les projets entre les deux pays. Troisièmement, nous avons évoqué les projets qui tournent autour de quelque chose qui est nouveau dans les relations entre la France et l'Afrique et entre la France et le Gabon, c'est la coopération décentralisée. Et la possibilité que nous avons désormais de voir les collectivités locales françaises s'investir avec les collectivités locales gabonaises pour porter ensemble des projets. Je crois pour ma part, que c'est une façon- de pratiquer une nouvelle voie diplomatique. L'ancienne voie diplomatique qui avait ses charmes et aussi ses limites, c'était celle des professionnels, elle était indispensable. Mais, il y a une nouvelle voie diplomatique qui s'ouvre à nous et qui rapproche plus les peuples et qui fait que des acteurs démocratiques, les élus et les acteurs associatifs, les ONG locales, peuvent porter ensemble des projets. C'est ce que nous avons évalué avec le président de la République.

Vous annonciez une série d'initiatives à l'Assemblée liées à cette tension entre nos deux capitales. Sur quoi ont ­elles porté. Y a-t-il un lien avec l'examen en première lecture la semaine dernière de l'accord sur la gestion concertée des flux migratoires signé fin juillet à Libreville ?

L'accord a été ratifié par l'Assemblée nationale le jour de la visite à Libreville du secrétaire d'Etat à la Coopération et du secrétaire général de 1Blvsée. C'est la preuve que les choses s'accélèrent et montrent bien que la partie française est consciente de ses faiblesse, et pourtour dire, de ses fautes. ..

... Le groupe d'amitié parlementaire France-Gabon y a-t-il contribué ?

Nous essayons de la façon la plus discrète effectivement de faire passer un certain nombre de messages. Je peux retenir avec beaucoup de forces qu'il est légitime que la France ait une politique migratoire et que cette politique passe naturellement par des contrôles avec les pays avec lesquels nous avons de grands problèmes migratoires. Fn aucun cas cela ne concerne le Gabon... Et sil ya aujourd'hui un pays qui a des problèmes migratoires avec le Gabon, c'est la France. C'est à-dire, qu'il y a aujourd’hui plus de Français au Gabon que de Gabonais en France. Il faut bien que nous comprenions bien qu’en faisant ce que nous avons fait, non seulement nous avons irrité la partie gabonaise, et à juste titre, les Français du Gabon aussi, qui ont très mal vécu cette affaire ne comprenant pas ce qui s'est passé. Nous avons le devoir d'être clairs.

Vous êtes aussi président du Conseil général des Yvelines et vous êtes à l'origine de l'exposition d'objets d'art gabonais à la mairie de Mantes-la-Jolie. Quel accueil les Mantois ont-ils réservé à cette expo ? Et quel bilan en tirez-vous ?

Un accueil extraordinaire. C'est l'exposition quia été le plus visité depuis que le musée a été inaugurée depuis 1995. C'est l'un des axes du travail que j’ai effectué au cours de cette courte visite Nous souhaitons pouvoir utiliser cette exposition pour mieux faire connaître l'intensité de la culture gabonaise et faire en sorte que cette exposition puisse, si nous en trouvons la manière, être présente en France dans d'autres villes et d’autres départements de sorte que la France et les Français puissent appréhender cette intensité de la culture gabonaise. Cette unicité entre fa culture et la nature qui aujourd’hui est une aspiration mondiale et mérite d'être particulièrement soutenue.

M. Bédier, y a-t-il une chose que vous aimeriez dire avant que ne se dose ce mini entretien?

Je considère, pour ma part, que l'amitié entre la France et le Gabon est multiséculaire. Pour le gaulliste que je suis, elle a une saveur particulière car nous ne devons jamais oublier, nous Français, que quand notre liberté a été en cause nos amis du territoire gabonais ont été au premier rang pour nous permettre de recouvrer cette liberté. Je suis d'une génération qui n'a pas connu cette période, mais qui considère qu'elle a le devoir de transmettre la mémoire de cette période aux générations futures. Je veux renouveler mes remerciements aux Gabonais qui, eux-mêmes, n'ont pas forcément connu cette période mais qu'ils sachent que la France leur en est reconnaissante.

 

Source : Journal L'Union Plus du 17/04/2008

 



    CONSEIL DES MINISTRES
Communiqué final

 

 

 

LOCALES 2008
Ndjolé

Denise Nlekam'ne et les siens donnent le ton

 

 

Mini-entretien avec ... Pierre Bédier, président du groupe parlementaire d'amitié France-Gabon
« Pour le gaulliste que je suis l'amitié franco-gabonaise a une saveur particulière »

 

 

 

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