DANS notre Gabon
d'abord-là, nous aimons bien les superlatifs:
premier de ceci, plus grand de cela, Etchenda,
Etchenda, oh, pardon, etc. etc. Je suppose donc
qu'on pourrait dire que nous avons les meilleurs
ingénieurs des ponts et chaussées qu'on puisse
rencontrer, quoi.
Mais alors,
qu'est-ce qu'ils font ? Je pose cette question,
mes chers frères Makaya désabusés, à cause de ce
que je remarque suries différents chantiers de
construction ou de réhabilitation de nos pistes
d'éléphants: on n'y voit aucun technicien des
Travaux publics aller s'enquérir de l'exécution
des travaux et s'assurer des respects des normes
en la matière.
Les seuls moments
où on les voit c lest lorsque les ministres
eux-mêmes descendent sur le terrain. Et même là,
ils se contentent souvent de regarder les
ouvrages - et les objectifs des caméras - sans
faire valoir leur expertise. Cette incurie fait
qu'on se retrouve avec des routes qui ne durent
que le temps de leur construction ou de leur
réhabilitation.
Chez nos ancêtres
les Gaulois, quand on devient ingénieur, on
finit par ouvrir un cabinet d'expertise, qui
peut être consulté quand besoin se fait sentir.
Mais cela n'est pas le souci de nos techniciens.
Après leur formation, ils se contentent
d'intégrer la fonction publique et d'aller
s'asseoir là-bas au ministère des routes.
Rarement leurs chefs secouent leur - apathie en
les envoyant, par exemple, sur le terrain faire
une expertise. Selon le neveu du cousin germain
de la grand-sœur de la cousine de l'onde de ma
bonamie, c'est-à-dire mon propre « mougoye »,
l'exécution des chantiers ne s'accompagne plus
d'une contre-expertise comme cela se faisait par
le passé. On se contente désormais du baratin
des responsables des sociétés adjudicataires des
marchés. Et là, bonjour l'objectivité !
Le nouveau patron
des TP, qui a tenu la dernière fois un discours
courageux au sujet de notre propre
responsabilité dans l'état déplorable du réseau
routier national, doit donc, veiller à ce
qu'autant d'inertie et de mauvaises habitudes
soient combattues. Sans pitié !
Pour nous, quoi...