ELECTION LOCALES
Pierre Mamboundou demande le report du scrutin
Le président de l'Union du peuple gabonais,
souhaite déroulement la Cénap dispose de temps
pour effectuer des correctifs indispensables au
bon déroulement des opérations électorales.
LE président de
l'Union du peuple gabonais (UGP), Pierre
Mamboundou a tenu jeudi dernier une conférence
de presse pour donner sa position sur
l'organisation des élections locales du 27 avril
prochain, et auxquelles son parti prendra part
avec une soixantaine des listes sur l'ensemble
du territoire ainsi que sur d'autres questions
d'actualité.
D'emblée, Pierre
Mamboundou a tordu le cou à une certaine presse
de l'Hexagone, qui titrait dans l'une de ses
éditions « le président Bongo Ondimba cherche
opposition désespérément », en indiquant que
l'opposition gabonaise est bien en place et joue
son rôle face à la majorité présidentielle.
Après avoir dépeint
la situation socio-économique de notre pays, le
président de l'UPG a dénoncé certaines
pratiques, peu démocratiques et
anticonstitutionnelles de l'avenue de Cointet
tendant, selon lui, à retarder les avancées du
processus électoral acquises depuis la rencontre
d'Arambo entre la majorité et l'opposition. Pour
lui, "le ministre de l'Intérieur, véritable
orfèvre et adepte du recul démocratique dans
notre pays, a trouvé dans la manipulation de la
loi électorale et le non respect des
dispositions constitutionnelles, deux autres
angles d'attaque pour poursuivre son œuvre de
construction d'un Etat statique, piloté par le
régime PDG avec les mêmes hommes et les mêmes
méthodes appliquées depuis 40 ans à travers une
question inique et rétrograde des affaires du
pays." L'orateur prendra pour preuve, la
violation de l'ordonnance prise par le ministre
de l'Intérieur, bien que non transmise au
Parlement, qui ramène les délais de transmission
des listes à 30 jours.
Il a fait constater
qu'à cette date, seules les listes des deux
provinces ont été déposées au siège de la
Commission électorale nationale autonome et
permanente. Concernant l'opération
d'établissement des cartes nationales
d'identité, l'opposant a fait observer les
lenteurs de l'opération et le tri des électeurs
par certains responsables de majorité
présidentielle, notamment à Mouila. Ce qui
constitue une situation très aggravante et
pourra amener le président de l'UPG à saisir les
hautes autorités du pays pour régler la question
de Mouila.
Evoquant, à juste
titre, la situation du collège électoral actuel,
Pierre Mamboundou dénonce les chiffres
communiqués par André Mba Obame, qui fixent ce
nombre à 720 000 électeurs. Pour lui, suivant
les statistiques du recensement général de la
population de 1993, établie à 1 014 000
habitants, en appliquant donc le taux moyen de
progression annuelle de la population de 2,5%,
les chiffres 2008 devraient osciller autour de 1
468 000 personnes. Ce qui équivaut à une
population de 535 000 personnes inscrites sur
les listes électorales en 2008, a estimé
l'orateur. Fort des manquements dénoncés, il a
demandé le report du scrutin afin de permettre à
la Commission électorale nationale autonome et
permanente de disposer de temps pour effectuer
les correctifs indispensables au bon déroulement
des opérations électorales.