MANIFESTEMENT, le feuilleton politico-juridique
sur fond de légalisation de l'Union pour la
nouvelle République est loin d'avoir livré son
épilogue, au regard de la tournure que prennent
désormais les événements.
Car, ceux qui
croyaient que l'arrêt du Conseil d'Etat rendu
vendredi 4 avril dernier allait mettre fin au
conflit politico-juridique sur fond de
légalisation de l'Union pour la nouvelle
République (UPNR) qui oppose le ministère de
l'Intérieur à Me Mayila et ses partisans, se
sont bien trompés, puisque c'est bien le
contraire auquel on a droit depuis que la
décision du Conseil d'Etat a été rendue
publique. Donnant l'occasion à chacune des
parties en conflit, c'est-à-dire le ministère de
l'Intérieur et les responsables de l'UPNR, de se
livrer à sa propre lecture de l'arrêt.
Mais mardi 8 avril
dernier, une décision de la Cour
constitutionnelle, qui avait été saisie par Me
Mayila et ses partisans aux fins de validation
des listes de candidatures présentées par
l'Union pour la nouvelle République en vue des
élections locales du 27 avril prochain, a
complètement remis en cause l'enthousiasme
manifeste par l'ancien hiérarque du PDG et ses
partisans au sortir de l'audience du Conseil
d'Etat dont la décision est jugée non explicite
par la Cour constitutionnelle.
En effet, selon la
haute juridiction « le Conseil d'Etat n'ayant
pas, dans le dispositif de sa décision du 4
avril dernier, formellement consacré la
reconnaissance légale de l'Union pour la
nouvelle République et ne s'étant pas non plus
renoncé sur la décision de rejet du ministère de
l’Intérieur de légaliser cette formation
politique, l'UPNR ne peut être considérée comme
un parti politique au sens de la loi
24/96 du 6 juin relative aux partis politiques".
Ce qui a bien
évidemment contrarié Me Louis-Gaston Mayila qui
l'a fait savoir hier, au cours de la conférence
de presse qu'il a animée à son domicile de
Montagne sainte. L'ancien hiérarque du PDG ne
comprend pas que la Cour constitutionnelle
puisse ainsi se fourvoyer en l'espace de quatre
jours seulement, en prenant deux décisions aussi
contraires que surprenantes pour le même objet,
et portant toutes les deux le même numéro (032
GCC). Dans la première, elle enjoint la Cénap de
valider les listes de candidatures présentées
par l'UPNR yue le Conseil d'Etat venait de
déclarer conforme à la loi parce que pouvant
désormais jouir des mêmes droits qu'un parti
politique reconnu, tandis que dans la seconde
elle déclare le contraire en décidant que Me
Mayila et ses partisans iront en indépendants
lors des prochaines locales.
Pour Me Mayila en
tout cas, cette décision relève d'une manœuvre
visant à empêcher son parti d'aller aux
élections. Car de son point de vue, l'arrêt du
Conseil d'Etat ne souffre d'aucune ambiguïté.
Comme c'est le cas pour les deux décisions
contradictoires de la Cour constitutionnelle.