Il s’agit du Secrétaire général de l’Elysée,
Claude Gueant, et du tout nouveau Secrétaire
d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet,
dont c’était la première visite en Afrique.
Ceux-ci ont été reçus hier par le chef de
l’Etat. C’était en présence de plusieurs autres
personnalités des deux pays dont les deux
ambassadeurs,
Hauts Représentants.
«Quelques nuages
ont traversé le ciel de nos relations. Ils sont
derrière nous. C’est ce nous pouvons dire
aujourd’hui après un temps passé avec le
président de la République du Gabon. Les
relations sont au beau fixe ». Cette
déclaration est du nouveau Secrétaire d'Etat
français à la Coopération, Alain Joyandet, lors
de la conférence de presse qu'il a conjointement
animée avec le Secrétaire général de l'Elysée,
Claude Guéant, au sortir de l'audience que le
chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, leur
accordée hier matin, au palais de la présidence
de la République.
L'entretien entre
ces deux hauts responsables français et le n°1
gabonais s'est déroulé en présence de plusieurs
personnalités gabonaises et françaises.
Notamment le vice-président de la République,
Didjob Divungi Di Ndinge, le directeur de
cabinet du président de la République, Pascaline
Mferri Bongo Ondimba, le Secrétaire général de
la présidence, Mamadou Diop, l'ambassadeur Haut
Représentant du Gabon en France, Jean-Marie Adzé,
côté gabonais ; et l'ambassadeur Haut
Représentant de la France au Gabon, Jean-Marc
Simon côté français.
Selon M. Claude
Guéant, ses accompagnateurs et lui ont été
envoyés à Libreville par le président français
Nicolas Sarkozy, suite à son entretien
téléphonique avec son homologue gabonais. Et
cela après quelques incompréhensions ayant
entraîné une crispation dans les relations entre
nos deux pays.
Dans cette optique,
ils sont venus au Gabon pour deux choses :
d'abord exprimer « d'exprimer, la gratitude
et la reconnaissance » de la France, son
président et son peuple, à Omar Bongo Ondimba ;
puis lui réitérer la volonté de l'Hexagone
d'établir une relation particulière avec le
Gabon...
La reconnaissance
de la France au président et au peuple gabonais
est relative, a dit le Secrétaire général de
l'Elysée, au rôle que le chef de l'Etat joue en
faveur de toutes les initiatives pour la paix en
Afrique. L'importance de son rôle et de ses
avis, ont toujours été reconnus par ses pairs
africains qui l'ont consacré dans son statut de
doyen des chefs d'Etat d'Afrique.
La gratitude au
président Omar Bongo Ondimba, a poursuivi M.
Guéant, concerne aussi son implication et sa
contribution dans l'opération d'évacuation des
étrangers du Tchad lors de l'attaque de
N'Djamena par des rebelles, en février dernier.
SYMBOLIQUE FORTE
S'agissant de la volonté de la France d'établir
des relations particulières avec le Gabon,
Claude Guéant a souligné que les relations entre
son pays et l'Afrique évoluent, et sont même
arrivées à maturité. « La France, a-t-il
dit, reconnaît la souveraineté des pays
africains. Elle veut poursuivre l'entretien des
relations privilégiées avec ces pays amis
d'Afrique, mais avec un caractère particulier en
ce qui concerne le Gabon ».
Ce caractère
particulier se matérialise, selon lui, entre
autres par l'accord signé en juillet 2007, entre
les gouvernements français et gabonais, relatif
à la gestion concertée des flux migratoires et
au développement. Lequel était d'ailleurs
soumis, hasard du calendrier, à la ratification
de l'Assemblée nationale française, hier. Dans
le même ordre d'idées, il a cité l'aide au
développement dont la proportion consacrée à la
promotion des investissements privés devrait
doubler...
Répondant à la
question sur la sincérité de la France à
vraiment vouloir établir des relations
particulières avec le Gabon, le nouveau
Secrétaire d'Etat à la Coopération a simplement
dit que la présence du Secrétaire général de
l’Elysée au Gabon hier, et le fait
que Libreville soit sa première destination
africaine depuis qu'il a la charge de la
Coopération doivent être considérés comme une
symbolique forte.
Il faut rappeler
que les relations entre Paris et Libreville
s'étaient tendues après l'expulsion de France de
deux étudiants gabonais, et la diffusion par la
chaîne publique France 2 d'un reportage sur le
patrimoine immobilier supposé du président Omar
Bongo Ondimba en France.
A noter, dans un
tout autre cadre, qu'avant sa rencontre avec les
responsables français, le chef de l'Etat a
d'abord reçu un homme d'affaires émirati.
Celui-ci était accompagné de M. Karim Wade.