L
'AUTRE jour, le gendarme de l'avenue
di Gaulle,
le CNC,
quoi, a convoqué les patrons
de canards
pour un rappel à l'ordre ferme, que
j'ai lu
samedi anglais
dans mon
Premier grand quotidien. Se...
canarder
comme des fous à travers leurs feuilles respectives, comme ils se
plaisent à le faire ces derniers temps parfois
à
l'instigation de
"mentors"
;
ce n’est
vraiment pas digne de l'idée qu'on doit se faire
de la
confraternité, ni
conforme à la charte signée il
y a une
dizaine d’années, qu'on leur
a rappelé,
quoi.
Moi, Makaya, j'ignore si ce gendarme-là inspire cette
peur dont on dit qu'elle est le commencement de
la sagesse. Ce que
je sais par contre, c'est qu'on n'est pas près de sortir
de l'auberge. D'autant qu'il ne faut pas voir
que
les
presse-copies. Il faut aussi regarder les
taquine-micros. Et
si
ces derniers
ne volent pas dans les
plumes des
canards, ils savent, l'air de rien,
comment les discréditer.
Un exemple: mon Premier grand quotidien annonce
qu'un match de foot, initialement prévu le
samedi;
a lieu
le lendemain. Aussi sec,
un
dirigeant
d'un
des clubs
fait
le tour des rédactions de radio (ça va plus
vite) pour
démentir.
Finalement, c'est bien mon canard
préféré qui
a
raison: le
match
se joue dimanche.
Deuxième exemple: mon Premier grand quotidien
encore annonce que Dame Cour
a
donné raison a un
parti.
Illico
presto,
un
démenti est déposé à gauche et à
droite,
surtout à la radio (ça va toujours aussi vite).
Comme
quoi nos écrivassiers auraient inventé cette
info-là.
La
belle affaire:
quand
ça
cafouille quelque part, il faut
faire passer les journaleux
pour
des
irresponsables.
Et comme les journaleux eux-mêmes leur donnent raison
à ces messieurs-dames,
pourquoi
se gêner
? Car c'est
bien de
l'irresponsabilité, mais aussi un manque
d'élégance que de reprendre comme ça, à son
compte, un démenti, sans
se donner la
peine d'appeler l'auteur (un confrère) du
papier qui l'a inspiré. Un confrère qu'on
n'appellera
pas
davantage pour lui dire que c'est
bien
lui qui
avait raison.
Drôle de métier! Et drôles, de
professionnels,
quoi !