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Le quotidien l'Union du 01 Avril 2008

 

 

MOVEMENT DE GREVE

En cas de prolongement de la grève, l'impact serait néfaste
Les techniciens du Terminal pétrolier de Gamba ont mis hier en marche, le système de pompage du brut resté dans les pipelines afin d'éviter selon a direction générale, que la paraffine contenue dans le brut ne se fige dans les conduites bloquant ainsi le système à la reprise des activités. Pour mener ci bien cette opération, un détachement de gendarmes a été envoyé en renfort à Gamba à la demande des autorités locales et aucun incident n'a été signalé. Cependant, la grève se poursuit et la production n'a pas repris à la suite de cette opération purement technique.

 

NOUS avons dit dans nos précédents articles que l'arrêt total de la production aussi bien des sites pétroliers de Shell Gabon que des compagnies contractantes, aura certainement des conséquences sur l'évacuation du brut à la reprise des activités. La raison, c'est le brut évacué par les pipelines jusqu'au terminal de Gamba qui est un brut à prédominance paraffinique. Et ce sont des bruts qui sont les plus recherchés parce qu'ils donnent directement une grande proportion de produits légers comme l'essence et le gasoil. Bien plus, c'est une substance solide ou liquide utilisée également dans la fabrication des bougies et de certains emballages mais qui, resté longtemps dans les pipelines, se fige dans les conduites avec des conséquences néfastes sur l'activité d'évacuation du brut des sites de production au terminal pétrolier. C'est dans ce contexte que Shell Gabon a ouvert hier, au terminal pétrolier de Gamba, les vannes pour laisser couler une certaine quantité du brut afin d'éviter que la paraffine ne bloque le système en se figeant dans le pipeline.

Cette opération précisent les responsables techniques de Shell Gabon n'est nullement une reprise de la production et partant une manœuvre pour briser la grève observée depuis plus de dix jours par l'Organisation nationale de ses employés du pétrole (ONEP). Par ailleurs, plus de clarté quant à l'impact réel de l'arrêt total de la production sur les systèmes de production et d'évacuation de la compagnie, le directeur technique, M. François Ntombo Tsibah nous a expliqué que la reprise d'une production est un processus lent. Selon lui, un cham}, en production est cil fait, dans un état dynamique et par conséquent, il devient stable. Or lorsque le champ n'est pas en production, il devient donc statique et le niveau du fluide va changer dans certaines parties du champ.

Et lorsque le champ se remet en production, il ne se fera pas dans les mêmes conditions parce que certains puits vont débiter et d'autres non. C'est pourquoi, explique-t-il, il faudra ramener graduellement le champ pétrolier à la situation dynamique afin qu'il retrouve son potentiel réel. "Nous avons auparavant des arrêts de production de longue durée qui nous a coûté plus d'une semaine pour reprendre le niveau optimum de production. Et cette grève a déjà duré plus d'une semaine et par conséquent, les champs de Rabi et de Toucan qui sont plus complexes vont demander beaucoup plus de temps pour revenir à leur niveau antérieur de production. En revanche, il y a des champs relativement vieux qui vont reprendre rapidement leur condition de production" précise-t-il.

Et par expérience indique M. Ntombo Tsi­bah, la reprise du potentiel réel des champs peut s'étendre sur une semaine voire davantage si la grève se prolonge. Il révèle par ailleurs que les pertes de production continueront même après le redémarrage des champs. Il a enfin reconnu que c'est un mouvement de grève élargi à toutes les compagnies et Shell ne peut pas reprendre ses activités sans une partie de ses travailleurs. Et pour opérer dans un champ pétrolier, il y a d'une part, les travailleurs de Shell et d'autre part, les employés des activités connexes. « Le mouvement est unique et il n'y aura pas de reprise des activités tant qu'il n'y a pas d'accord entre les parties en conflit » affirme-t-il.

 

Source : Journal L'Union Plus du 01/04/2008

 



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