MOVEMENT DE GREVE
En cas de prolongement de la grève, l'impact
serait néfaste
Les techniciens du Terminal pétrolier de Gamba
ont mis hier en marche, le système de pompage du
brut resté dans les pipelines afin d'éviter
selon a direction générale, que la paraffine
contenue dans le brut ne se fige dans les
conduites bloquant ainsi le système à la reprise
des activités. Pour mener ci bien cette
opération, un détachement de gendarmes a été
envoyé en renfort à Gamba à la demande des
autorités locales et aucun incident n'a été
signalé. Cependant, la grève se poursuit et la
production n'a pas repris à la suite de cette
opération purement technique.
NOUS avons dit dans nos précédents articles que
l'arrêt total de la production aussi bien des
sites pétroliers de Shell Gabon que des
compagnies contractantes, aura certainement des
conséquences sur l'évacuation du brut à la
reprise des activités. La raison, c'est le brut
évacué par les pipelines jusqu'au terminal de
Gamba qui est un brut à prédominance
paraffinique. Et ce sont des bruts qui sont les
plus recherchés parce qu'ils donnent directement
une grande proportion de produits légers comme
l'essence et le gasoil. Bien plus, c'est une
substance solide ou liquide utilisée également
dans la fabrication des bougies et de certains
emballages mais qui, resté longtemps dans les
pipelines, se fige dans les conduites avec des
conséquences néfastes sur l'activité
d'évacuation du brut des sites de production au
terminal pétrolier. C'est dans ce contexte que
Shell Gabon a ouvert hier, au terminal pétrolier
de Gamba, les vannes pour laisser couler une
certaine quantité du brut afin d'éviter que la
paraffine ne bloque le système en se figeant
dans le pipeline.
Cette opération précisent les responsables
techniques de Shell Gabon n'est nullement une
reprise de la production et partant une manœuvre
pour briser la grève observée depuis plus de dix
jours par l'Organisation nationale de ses
employés du pétrole (ONEP). Par ailleurs, plus
de clarté quant à l'impact réel de l'arrêt total
de la production sur les systèmes de production
et d'évacuation de la compagnie, le directeur
technique, M. François Ntombo Tsibah nous a
expliqué que la reprise d'une production est un
processus lent. Selon lui, un cham}, en
production est cil fait, dans un état dynamique
et par conséquent, il devient stable. Or lorsque
le champ n'est pas en production, il devient
donc statique et le niveau du fluide va changer
dans certaines parties du champ.
Et lorsque le champ se remet en production, il
ne se fera pas dans les mêmes conditions parce
que certains puits vont débiter et d'autres non.
C'est pourquoi, explique-t-il, il faudra ramener
graduellement le champ pétrolier à la situation
dynamique afin qu'il retrouve son potentiel
réel. "Nous avons auparavant des arrêts de
production de longue durée qui nous a coûté plus
d'une semaine pour reprendre le niveau optimum
de production. Et cette grève a déjà duré plus
d'une semaine et par conséquent, les champs de
Rabi et de Toucan qui sont plus complexes vont
demander beaucoup plus de temps pour revenir à
leur niveau antérieur de production. En
revanche, il y a des champs relativement vieux
qui vont reprendre rapidement leur condition de
production" précise-t-il.
Et par expérience indique M. Ntombo Tsibah, la
reprise du potentiel réel des champs peut
s'étendre sur une semaine voire davantage si la
grève se prolonge. Il révèle par ailleurs que
les pertes de production continueront même après
le redémarrage des champs. Il a enfin reconnu
que c'est un mouvement de grève élargi à toutes
les compagnies et Shell ne peut pas reprendre
ses activités sans une partie de ses
travailleurs. Et pour opérer dans un champ
pétrolier, il y a d'une part, les travailleurs
de Shell et d'autre part, les employés des
activités connexes. « Le mouvement est unique
et il n'y aura pas de reprise des activités tant
qu'il n'y a pas d'accord entre les parties en
conflit » affirme-t-il.