DEPUIS hier à son siège provisoire de la
sablière, la Cour constitutionnelle procède avec
minutie à l'examen des dossiers - une centaine
environ - qui ont été rejetés, pour diverses
raisons, par la Commission électorale nationale
autonome et permanente (Cénap).
Hier,
Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la
haute juridiction a affirmé que l'examen de ce
contentieux pré-électoral connaîtra son terme
d'ici le jeudi 3 avril 2008. Un programme de
travail, assez étoffé d'ailleurs, qui ne laisse
aucun répit aux vénérables membres de la Haute
instance, a été mis en place pour que l'examen
desdits dossiers tienne compte du calendrier du
déroulement des Locales à venir, et donc de la
mise en impression dans les délais des listes
définitives des candidatures.
Ce sont environ une
centaine de dossiers qui ont été reçus en
quarante-huit heures pour examen au siège
provisoire de la Sablière. Dossiers rejetés par
la Cénap pour diverses raisons. Soit pour défaut
de casier judiciaire, absence d'acte de
naissance ou non paiement de la caution ou pour
tout autre manquement aux conditions de
candidature.
La Haute
Juridiction entend donc les vérifier au cas par
cas, en tenant compte des requêtes qu'elle a
reçues, dans lesquelles quelques citoyens
dénoncent, ainsi que le leur permet la loi,
l'inéligibilité de tel ou tel autre compatriote
candidat ayant déjà fait l'objet d'une
condamnation. Selon la loi, en effet, tout
citoyen dispose, une fois les candidatures
rendues publiques, de quarante-huit heures pour
saisir la Cour constitutionnelle, soit - au-delà
de la dénonciation – pour demander la
confirmation des candidatures ainsi rendues
publiques, soit pour solliciter l'infirmation
des celles-ci.
Il y a quelques
années encore, reconnaît Marie-Madeleine
Mborantsuo, le contentieux des candidatures
atteignait à peine une vingtaine de dossiers à
examiner. Aujourd'hui, le mouvement va
crescendo. Pour Mme le président de la Cour, ce
nombre croissant des dossiers au fil des années,
depuis l'instauration du pluralisme politique
dans notre pays, témoigne à priori de la
vitalité de notre démocratie.
Les élections qui
se profilent à l'horizon n'autorisent aucun
repos à la Cour. Et pour cause, dans quelques
jours, à partir de cette fin de semaine, des
membres de la Cour, a annoncé Marie- Madeleine
Mborantsuo, vont entreprendre des missions à
l'intérieur du pays pour se rendre compte de
l'effectivité des tâches qui incombent à la
Commission électorale nationale autonome et
permanente (Cénap) et au ministère de
l'Intérieur, notamment pour ce qui est de
l'organisation, dans la quiétude et la
transparence, des Locales prochaines.
L'urgence,
toutefois, incombe au ministère de l'Intérieur
de mettre les bouchées doubles pour que les
compatriotes ayant dix huit ans et plus entrent
en possession de la Carte nationale d'identité (CNI)
qui constitue encore, avouons-le, une réelle
problématique.
Mais c'est en fin
de semaine que nous saurons le nombre exact de
dossiers, parmi la centaine rejetée, qui seront
repêchés par la Cour constitutionnelle, au terme
de l'examen du contentieux pré-électoral qui
l'occupe actuellement.