FAIT DIVERS
Un
Libanais tué à Plaine-Oréty
Saïd Choya, un ressortissant
libanais de soixante et un ans, a été retrouvé
mort hier en milieu de matinée au
rez-de-chaussée de son immeuble. Son corps était
ligoté et gisait dans une mare de sang. Il
aurait été envoyé ad patres par des individus
qui se sont infiltrés dans sa maison. Pourquoi
les bandits l'ont-ils abattu ? Quelle issue
ont-ils utilisé pour accéder à son appartement
dont la grille d'entrée était pourtant
cadenassée ? Enquête sur un crime apparemment
crapuleux.
Un
corps ligoté, gisant dans une mare de song.
L'image a choqué bien des habitants de
Plaine-Oréty. Saïd Chaya, un ressortissant
libanais de soixante et un ans; a été retrouvé
mort hier en milieu de matinée au
rez-de-chaussée de son immeuble. Selon toute
vraisemblance, l'expatrié a été envoyé ad paires
par des individus qui se sont infiltrés dans son
appartement pour lui extorquer de l'argent.
Les malfrats qui n'ont pu
être identifiés, l'ont ligoté avant de le tuer.
C'est au niveau de la cuisine que le corps de la
victime a été retrouvé baignant dans une mare de
sang par l'un de ses proches, arrivé le matin
lui apporter du pain pour son petit déjeuner. De
toute évidence, l'assassinat du Lbanais -
installé dans notre pays depuis 1963 - a surpris
ses voisins. Quelques uns d'ailleurs, l'ont vu
quelques minutes avant le drame. A la lumière de
leurs explications, il ressort que c'est vers
sept heures du matin que Saïd Chaya a commencé
sa journée.
Après sa prière matinale, le
Libanais sort de son appartement pour aller
installer son linge au soleil. Ce dimanche 29
avril 2007, l'atmosphère paraît sombre et
pesante. Saïd qui redoutait une plaie comme
celle qui s'était abattue la veille sur la
ville, a plutôt étendu ses chemises sur la corde
tendue sur la terrasse. Ensuite, il a pris son
Coran et s'est assis à la table placée de la
porte du salon pour lire les versets ou
sourates. Bon croyant, il aime ainsi méditer et
dialoguer intérieurement avec le prophète
Mahomet. De temps à autre, il répond aux
salutations de ses rares locataires déjà
réveillés et qui passent s'approvisionner en
pain chez l'épicier situé à l'entrée de sa
concession.
En ce dernier dimanche
d'avril 2007, il est déjà huit heures mais le
quartier de Plaine-Orety ne connaît pas encore
ses embouteillages habituels. Peut-être à cause
du long week-end du 1er Mai, fête du travail
dans lequel les Librevillois sont entrés de
plain- pied depuis vendredi soir. Ainsi un calme
apparent règne dans l'immeuble du sexagénaire.
Pourtant, les klaxons des voitures circulant sur
la voie principale viennent, de temps à autre,
rompre le silence de la matinée. Assis à la
table installée sur la terrasse, Saïd Choya est
toujours absorbé par la lecture du Coran. A sa
gauche, il a déposé un cendrier pour mettre les
mégots de cigarettes, et à sa droite, une boîte
contenant de l'encens, un produit qui, selon les
croyants, chasserait les mauvais esprits.
Pourtant ce dimanche, le
danger ne viendra pas des sortilèges. Mais le
Libanais - que d'aucuns considèrent comme un
Gabonais à part entière en raison de son long
séjour dans notre pays - ne se doute pas de
l'effroyable menace qui pèse sur lui. Quelques
minutes vont encore s'égrener avant que des
individus armes jusqu'aux dents, entrent chez
lui par l'issue située derrière la terrasse.
Comme dans un polar de série B, les bandits le
contraignent sous la menace de leurs armes à les
amener là où il cache son argent. Saïd qui
craint pour sa vie obtempère, sans opposer la
moindre résistance.
Une fois au salon, les
bandits fouillent tous les endroits susceptibles
de cacher le magot. La chambre du Libanais est,
elle aussi, lassée au peigne fin. Dans la
foulée, ils traînent leur victime à la cuisine
où ils le ligotent et le blessent grièvement à
l'aide d'un couteau. Puis ils s'évanouissent
dans la nature, après avoir ôté leurs vêtements
tachés du sang du malheureux Libanais et s'être
changés à la hâte dans la chambre en revêtant
ses habits. Resté seul, abandonné à son triste
sort, Chaya succombera à ses blessures. C'est en
venant lui apporter du pain, seulement quelques
minutes après le drame, que l'un des
proches couvrira le corps de Saïd gisant dans
une mare de sang à la cuisine.
La police judiciaire,
arrivée, aussitôt après la première alerte, sur
les lieux du drame, n'a fait que constater le
spectacle désolant qu'offrait la boucherie
humaine. Les enquêteurs n'excluent pas la thèse
d'un crime crapuleux commis par des individus
qui connaissaient l'infortuné et l'issue de
secours située derrière la maison où la grille
de protection présentait quelques défaillances.
"Il pourrait s'agir des gens qui le
connaissaient. Ils l'ont certainement abattu
pour qu'il ne les dénonce pas par la
suite"; a relevé un agent de la police
judiciaire.
Les proches de Saïd Chaya
nous ont expliqué que ce dernier vivait seul
dans l'appartement, sa famille résidant au
Liban. "Sa femme était ici en vacances. Elle
est repartie au mois de mars dernier: C'est sûr
que les bandits savaient qu'il était resté seul.
C'est pourquoi ils ont osé venir l'attaquer "; a
déclaré un proche du disparu.
Cet assassinat est le
deuxième du genre en moins de deux ans. Un autre
ressortissant libanais avait été tué au quartier
Louis par un individu sans scrupule. Seule
l'enquête ouverte par les éléments de la PJ
permettra d'identifier les assassins de Saïd
Chaya, qui avait pourtant la réputation d'un
homme sans histoire.