C’EST bien, comme l'a fait
l'autre soir de la maison-maire, de pester
contre les Librevillois, ces indécrottables
salisseurs. C’est bien aussi de leur promettre
le bâton. Mais moi Makaya, pense qu'il est grand
temps de dépasser ce stade des menaces en l'air
et de s'engager résolument dans celui de la
contrainte, quoi. Ce n'est pas la première fois
que je parle comme ça, mais je le refais après
avoir lu ce qu'a rapporté hier dans mon Premier
grand quotidien mon ami piéton-là. Un caniveau
ouvert devant un marché informel transformé en
véritable dépotoir!
C'est vrai les
responsabilités sont à différents niveaux. Ne
pas avoir fermé ce caniveau au moment où il a
été aménagé n'était sûrement pas malin. On
pourrait aussi avoir du mal à identifier
clairement les auteurs de ces dépôts successifs
de détritus. Ce sentiment...d’irresponsabilité
ou de dilution des responsabilités étant de
nature à encourager ceux qui jettent toutes
sortes de déchets.
Mais mon ami piéton a
pointé du doigt les commerçants, principalement,
et les passants. A partir de là, les autorités
doivent maitre les premiers devant leurs
responsabilités et surveiller le comportement
des seconds.
D’ailleurs, si on fait
savoir avec fermeté aux commerçants ; qu'ils
assumeraient dorénavant les conséquences de tout
nouveau dépôt d'ordures, je pense que non
seulement ils se tiendraient à carreau, mais
encore feraient eux-mêmes la police. Et si
malgré tout, parce qu'il ne faut jurer de rien,
ils ne faisaient rien, eh bien, an leur
collerait une amende collective. Ça fonctionne
comme ça ailleurs et ça donne de bons résultats.
Même si plus grand-chose
ne nous étonne à Libreville-les-paradoxes, on ne
peut quand même pas laisser plus longtemps une
telle insalubrité prospérer en quelque sorte au
voisinage d'un lieu où l‘on vend des produits
vivriers, quoi. On ne peut pas ne pas se
préoccuper de la qualité de ce qui atterrit au
fond de nos assiettes.
Et dire que la saison des
pluies pointe le bout de son nez ! Le caniveau
étant désormais bouché, qui peut croire que
l'eau qui ne pourra plus s'y écouler normalement
ne vas charrier toutes sortes de saloperies vers
le marché ? Et faire donc de ce qui y est vendu
un sacré bouillon de culture ? Quelle vie!
...
Makaya